L’urgence de l’heure était claire : rassembler les organisations de jeunes engagées dans la Santé Sexuelle et Reproductive (SSR) afin d’identifier leurs défis, exprimer leurs besoins et proposer des solutions concrètes, élaborées avec eux et pour eux. Après avoir parcouru toutes les régions du Togo, c’est au tour du Grand Lomé d’accueillir, ce samedi 27 décembre 2025, la rencontre régionale des jeunes. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Programme national d’engagement des jeunes pour l’amélioration de l’accès aux services de Santé Sexuelle et Reproductive (SSR). Organisée par le Cadre National de Concertation des Acteurs Jeunes intervenant dans la Santé de la Reproduction et la Planification Familiale (CNCM-AJSR), avec l’appui du ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture sanitaire universelle, la rencontre a réuni jeunes participants et acteurs clés du domaine.
Les échanges ont permis de dresser un état des lieux des difficultés auxquelles font face les adolescents et jeunes en matière d’accès aux services SSR. Des recommandations concrètes ont été formulées pour garantir un accès équitable, inclusif et adapté aux réalités de tous les jeunes, sans distinction de sexe, de statut social, de handicap, de niveau d’instruction ou de zone de résidence.
« Il y a plusieurs organisations de jeunes qui travaillent dans le domaine de la SSR, mais nous ne savons pas toujours ce qui se fait concrètement à chaque niveau, dans chaque région. C’est pourquoi nous avons initié ces rencontres régionales pour formuler des recommandations. Les plus pertinentes seront portées à la rencontre nationale, en présence des partenaires financiers et techniques, du gouvernement et d’autres acteurs clés, afin d’être intégrées dans le Plan d’action national », a expliqué Prudence Tsengle, membre du bureau du CNCM-AJSR et facilitatrice régionale pour le Grand Lomé.

Des défis identifiés
Au cours de cette rencontre, les jeunes ont identifié plusieurs freins à leur engagement : le manque de synergie entre les organisations, l’absence de documentation des actions, des ressources financières limitées, une faible mobilisation, un manque de formation approfondie sur les thématiques, mais aussi l’insuffisance d’espaces de réflexion collective et de stratégies de communication adaptées à leurs réalités. À cela s’ajoute un faible engagement sur les réseaux sociaux, pourtant outil clé de mobilisation.
Des travaux de groupe ont permis d’analyser quatre grandes problématiques : l’accès des jeunes à l’information et aux services de SSR, les grossesses précoces, avortements à risque et la santé maternelle des adolescentes, les violences basées sur le genre, la consommation de substances psychoactives chez les jeunes.

Présent à cette rencontre, Fintapka Laméga Jean Claude, conseiller municipal et président de la commission des affaires sociales de la commune de Golfe 5, a souligné l’engagement des collectivités locales : « Ma commission traite de toutes les questions sociales : jeunesse, femmes, personnes âgées… Concernant les recommandations, nous agirons dans la mesure de nos moyens pour soutenir ces jeunes et leurs initiatives », a-t-il fait savoir.

Des propositions concrètes
À l’issue de la rencontre régionale du Grand Lomé, plusieurs recommandations ont été formulées par les participants autour des quatre problématiques clés abordées. Objectif : renforcer l’accès des jeunes, sans discrimination, à des services de santé sexuelle et reproductive (SSR) adaptés, accessibles et respectueux.
Parmi les propositions phares, les jeunes recommandent :
– La mise en place d’horaires flexibles dans les centres de santé pour mieux s’adapter aux emplois du temps des élèves et étudiants ;
– La sensibilisation via des comédiens sur TikTok, pour toucher une audience jeune de manière ludique et engageante ;
– La formation de prestataires de santé dédiés aux jeunes et aux personnes vivant avec un handicap, dans une approche inclusive et respectueuse ;
– Un accueil bienveillant et confidentiel dans les centres de santé, afin de renforcer la confiance et l’utilisation des services.
Les participants ont aussi proposé de :
– Sensibiliser lors d’évènements grand public, comme les foires qui attirent les jeunes ;
– Créer des « safe spaces » dans les quartiers ou centres communautaires ;
– Renforcer les réseaux de soutien entre ONG, structures gouvernementales et services de santé pour un meilleur partage des ressources et bonnes pratiques ;
– Mettre en place des centres intégrés offrant services médicaux, psychologiques, juridiques et sociaux pour les victimes de VBG.
En ce qui concerne les pairs éducateurs, il est recommandé de :
– Favoriser les plus expérimentés et formés ;
– Intégrer les centres d’intérêt des jeunes dans les activités de sensibilisation ;
– Impliquer des personnalités inspirantes pour renforcer l’impact des messages ;
– Inclure les parents dans les actions de sensibilisation, pour créer un dialogue intergénérationnel constructif.
Enfin, les jeunes appellent à la création d’emplois, pour lutter contre la vulnérabilité économique ; des actions de proximité plus fréquentes, avec un langage adapté aux jeunes, pour améliorer la compréhension et l’engagement.
Toutes ces recommandations seront transmises à la DSMI/PF (Division de la Santé Martenelle, Infantile et de la Planification Familiale) pour intégration dans la feuille de route nationale 2026, en vue de renforcer les actions des organisations de jeunes au Togo en matière d’accès universel aux services de Santé de la Reproduction.




