Les entreprises contribuent à la création de richesses. Cependant, des insuffisances subsistent encore dans la mise en œuvre de la responsabilité sociétale des entreprises. Afin de sensibiliser les entreprises à la prise en compte des droits humains, notamment ceux des femmes et des filles, de les accompagner dans l’application des principes de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE), de fédérer les énergies, de mutualiser les compétences, puis de renforcer l’impact des actions à travers le dialogue avec les acteurs étatiques, Nouvelles Alternatives pour le Développement Durable en Afrique (NADDAF) a officiellement lancé, ce mercredi 6 mai 2026 à Lomé, la plateforme Responsabilité Sociétale des Entreprises Société Civile Togo (RSE-SC Togo), avec l’appui de l’Union européenne.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet EP2F « Les Entreprises s’engagent pour la Protection des Femmes et des Filles », mis en œuvre par le consortium Care France, Care Bénin/Togo, ainsi que le Groupe de réflexion et d’action Femme, Démocratie et Développement (GF2D), également organisation partenaire du projet.
Les droits de l’homme en entreprise, bien qu’ils constituent une nécessité, ne devraient pas relever d’une confrontation entre les différents partenaires. L’homme n’est pas seulement un outil au service de l’économie ; il peut être bien plus en participant au développement et à la croissance de toute une nation. La RSE devient ainsi un facteur clé de transformation et de progrès collectif, parce qu’elle permet d’inclure les femmes et les filles dans l’économie, garantissant des avantages aussi bien aux entreprises qu’aux travailleurs.

« Nous avons appris quelques orientations générales, comme par exemple les activités de sensibilisation sur ce qu’est la responsabilité sociale des entreprises en faveur des entreprises, des travailleurs et des actions de plaidoyer auprès des pouvoirs publics, entre autres. C’est également un plaisir pour moi aujourd’hui de voir des représentants du secteur privé ainsi que des organisations de la société civile faire partie de cette plateforme », a déclaré Niccolò Maracchi, représentant de l’Union européenne.

Regroupant vingt-deux organisations de la société civile dans les cinq régions du pays, la plateforme RSE-SC Togo a été officialisée à travers la signature d’une lettre d’engagement par les premiers responsables des structures membres. Pour la mise en œuvre de cette plateforme, plusieurs missions ont été définies : promouvoir la culture de la RSE auprès des entreprises, encourager la mise en œuvre de pratiques responsables conformes aux standards nationaux et internationaux, renforcer les capacités des OSC et des organisations syndicales, ainsi que conduire des actions de plaidoyer auprès des décideurs. Pour cette année, c’est le Collectif des Associations Contre l’Impunité au Togo (CACIT) qui assurera la coordination de la plateforme.
Par ailleurs, un bureau de coordination a été mis en place. Celui-ci sera chargé de représenter la plateforme RSE-SC Togo auprès des différentes parties prenantes impliquées dans la mise en œuvre de la RSE au Togo, de faire connaître la plateforme auprès des autorités et des entreprises, ainsi que de renforcer les capacités des membres et des autres acteurs. Le bureau aura également pour mission de sensibiliser les différentes parties prenantes au dialogue, à la collaboration et à la synergie d’actions pour une meilleure prise en compte de la RSE dans les entreprises.
« Notre travail avec cette plateforme, c’est d’arriver à montrer aux entreprises qu’intégrer l’approche des droits de l’homme au sein de leurs structures constitue un premier niveau d’accroissement de leur utilité. Il s’agit de faire en sorte que l’ouvrier devienne un partenaire de l’entreprise et non un simple outil au service de son développement. Il faut permettre à l’ouvrier de contribuer également au développement stratégique de l’entreprise. Ce sont ces éléments qui nous ont amenés aujourd’hui à créer cette plateforme. Elle n’a pas pour ambition de combattre les entreprises, mais plutôt de les accompagner à faire encore mieux, afin que l’ouvrier devienne le premier partenaire de l’entreprise, pour son développement et pour son propre épanouissement », a expliqué Bernard Anoumo Dodji Bokodjin, coordonnateur de NADDAF.

Il a également annoncé l’élaboration d’un plan d’action sur cinq ans, qui sera rendu public au moment opportun.
À terme, l’objectif est d’accompagner les acteurs, de mobiliser les entreprises ainsi que les institutions étatiques afin que les droits de l’homme en entreprise deviennent une réalité effective. Il s’agira notamment d’amener les entreprises, dans le cadre de leurs activités de création de richesses, à intégrer l’approche des droits de l’homme, en particulier les droits des femmes et des filles.
En dehors de la plateforme RSE-SC Togo, NADDAF, en tant que partenaire du projet EP2F, porte également d’autres initiatives, notamment des sessions de formation et de renforcement des capacités des acteurs étatiques et non étatiques, l’opérationnalisation d’un réseau d’OSC engagées dans la promotion de la RSE au Togo, l’organisation de cafés-débats avec des cheffes d’entreprises, ainsi que des ateliers de formation destinés aux responsables RSE des entreprises.
Nadège ADIKI



