Au-delà de l’espace physique, le numérique constitue aujourd’hui un nouvel espace où chaque citoyen mérite d’avoir sa place et de s’exprimer, tout en faisant preuve de responsabilité afin de ne pas invalider la voix des autres. C’est dans cette dynamique que s’est tenu un atelier de réflexion sur la désinformation genrée, ce mercredi 22 avril 2026 à Lomé. Organisée par l’Association Eduk-Media Togo, cette initiative est appuyée par Canal France International (CFI) et s’inscrit dans le cadre du projet Desinfox Réseaux. Elle vise à faire comprendre aux participants les mécanismes de la désinformation genrée, ses effets, ainsi qu’à identifier les initiatives de lutte existantes au Togo.
La désinformation genrée consiste à diffuser des informations fausses ou manipulées qui exploitent les stéréotypes de genre comme des armes, dans l’intention de nuire ou de discréditer, à des fins politiques, économiques ou sociales. Cependant, de nombreuses personnes consomment et partagent des informations sans vérification préalable, ce qui favorise l’incitation à la haine, l’extrémisme violent, la cybercriminalité et le cyberharcèlement.

Réunissant des journalistes, des leaders, des responsables d’organisations de la société civile (OSC) ainsi que des créateurs de contenu, la rencontre s’est articulée autour du thème : « Désinformation genrée : comprendre le phénomène, ses mécanismes, ses effets et identifier les initiatives de lutte au Togo ».
« Nous voulons réfléchir aux mécanismes, aux processus et aux solutions adaptées à notre contexte local, afin que les acteurs qui comprennent ce qu’est la désinformation sensible au genre puissent relayer ces connaissances au sein de leurs communautés ou structures. L’objectif est de former des citoyens éclairés et de promouvoir un espace numérique sain, où chaque voix est écoutée et respectée », a déclaré Degboe Léonie, coordonnatrice de l’antenne Eduk-Media Togo.

Les travaux ont permis aux participants de définir les notions de désinformation et ses corollaires, de mieux comprendre des concepts tels que le féminisme, le masculinisme et l’intersectionnalité, ainsi que la notion de stéréotypes, souvent instrumentalisés dans la désinformation genrée. Ils ont également analysé les acteurs, les motivations et les impacts sociaux et médiatiques de ce phénomène.
Par ailleurs, des cas concrets ont été étudiés à travers des travaux de groupe, permettant aux participants de décortiquer, analyser et identifier les caractéristiques de la désinformation genrée, tout en formulant des recommandations pour y faire face.
« Notre équipe Éduk-Média Togo mène actuellement une recherche de terrain pour collecter des données sur cette thématique. Ma présence ici vise à évaluer le travail, mais aussi à animer cet atelier, qui se tient pour la première fois au Togo sur ce phénomène. Il s’agit de mieux comprendre les réalités contextuelles : comment cela se manifeste, circule, quels en sont les enjeux et les impacts sur les individus et la société », a expliqué le consultant-formateur en Éducation aux Médias et à l’Information (EMI), Fabrice Makem.

À l’issue de l’atelier, des attestations de participation ont été remises aux participants, qui repartent avec de nouvelles compétences pour mener des actions d’éducation et de sensibilisation dans leurs communautés respectives. Les données collectées lors de cet atelier serviront à des analyses approfondies et feront l’objet d’un rapport de recherche.
Eduk-Media Togo est une association créée en 2016 au Cameroun. Elle œuvre pour la promotion d’une consommation, production et diffusion responsables des contenus médiatiques. Elle sensibilise également les citoyens aux bonnes pratiques et aux usages du numérique. L’organisation contribue à la lutte contre les désordres informationnels, notamment la désinformation, les discours de haine, la radicalisation et l’extrémisme violent en ligne. Elle est présente dans plusieurs pays, dont le Cameroun, le Burundi, la République centrafricaine, la France, le Tchad et le Togo.
Nadège ADIKI



