À la suite d’une série de consultations des jeunes et de partages de bonnes pratiques en matière de Santé Sexuelle et Reproductive (SSR) dans chaque région administrative du Togo, des recommandations ont été formulées afin de redynamiser les actions des organisations de la société civile (OSC) de jeunes. C’est dans cette dynamique qu’a été organisée, le samedi 31 janvier 2026 à Lomé, la rencontre nationale des jeunes, en vue d’établir une feuille de route commune pour l’amélioration de la SSR.
Cette rencontre vise à améliorer l’accès de tous les jeunes et adolescents, sans distinction de sexe, de classe sociale, de handicap, de niveau de scolarisation ou de zone d’habitation, à des services conviviaux et adaptés de Santé Sexuelle et Reproductive. Elle est une initiative du Cadre National de Concertation des Acteurs Jeunes Intervenant dans la Santé de la Reproduction et la Planification Familiale (CNCM-AJSR), à travers la Division de la Santé Maternelle, Infantile et de la Planification Familiale (DSMIPF), avec l’appui du Ministère de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances. L’activité s’inscrit dans le cadre du Programme national d’engagement des jeunes pour l’amélioration de l’accès aux services de SSR.
La rencontre a réuni plus de 150 jeunes, dont deux par préfecture pour les cinq régions sanitaires, en dehors du Grand Lomé représenté par 20 jeunes, ainsi que 24 partenaires, y compris des personnes en situation de handicap. Elle a permis de faire l’état des lieux de l’accès à l’information et aux services de SSR dans les sept régions du Togo.

Au quotidien, de nombreuses communautés sont confrontées à des situations préoccupantes, notamment les grossesses précoces, les avortements clandestins aux conséquences parfois dramatiques, ainsi que des comportements sexuels à risque. Face à ce constat, des jeunes ont choisi de s’organiser eux-mêmes afin d’analyser les causes profondes de ces phénomènes et de dégager des pistes d’actions concrètes, qui feront l’objet d’activités futures.
« Cette feuille de route se base essentiellement sur les défis que les jeunes ont eux-mêmes identifiés. Elle va guider les organisations de jeunes et citoyennes dans le choix des activités à mener au cours de l’année 2026. À nos sœurs, je dirai de ne pas avoir honte. Lorsqu’on discute, on obtient la bonne information, et avec la bonne information, on évite les erreurs. Le second message s’adresse aux jeunes : nous devons prendre nos responsabilités. En matière de grossesses précoces, nous sommes les premiers responsables. Si nous apprenons à nous respecter, à mener une vie saine et à rechercher les bonnes informations, nous pourrons réduire ces taux et construire un avenir plus responsable », a déclaré Essilivi Dorcas, médecin et coordinatrice du CNCM-AJSR.

Les temps forts de cette rencontre ont été marqués par la présentation de la Division de la santé des adolescents et des jeunes, la restitution des résultats des consultations régionales, un panel de témoignages de filles et de femmes survivantes de violences basées sur le genre (VBG) et de grossesses précoces, ainsi qu’un atelier Design Lab orienté vers l’élaboration d’une vision commune pour l’année 2026. Cet atelier a abouti à la mise en place d’une feuille de route nationale commune aux OSC de jeunes, alliant plaidoyer et activités stratégiques en vue d’un changement systémique.
De cette rencontre nationale sont ressortis des acteurs fortement engagés pour la santé des adolescents et des jeunes, y compris les personnes en situation de handicap, qui ont été valorisées et célébrées. La journée s’est achevée par un dîner de gala, organisé pour promouvoir davantage la santé sexuelle et reproductive au Togo.
Nadège ADIKI



