L’Association des Femmes Professionnelles des Médias du Togo (AFPM) a organisé un panel de discussions autour du thème « Désinformation genrée : que vivent les femmes ? », ce vendredi 24 avril 2026 à Lomé. Cette initiative, soutenue par le Conseil International du Dialogue et de Partenariat (CIDP), vise à déconstruire les stéréotypes et à sensibiliser au bon usage du numérique.
La désinformation genrée touche l’ensemble de la population, mais les principales cibles restent les femmes, en particulier celles qui osent prendre la parole dans l’espace public. Certaines idées persistantes laissent croire qu’une femme ne doit pas réussir ou que, si elle y parvient, ce serait grâce à des moyens inappropriés.
Ces préjugés ont, par conséquent, créé une véritable psychose chez de nombreuses femmes, au point qu’elles hésitent à s’exprimer en public, par peur d’être humiliées, de voir leurs familles attaquées ou encore de voir ressurgir leur passé sur les réseaux sociaux. Lorsqu’une femme de médias est attaquée, c’est toute sa crédibilité qui est mise à mal aux yeux du public.
Les panélistes ont ainsi souligné l’importance de déconstruire les stéréotypes dès l’enfance, au sein de la cellule familiale. Les échanges ont également insisté sur la nécessité, pour les femmes, d’adopter une bonne hygiène numérique, de faire preuve de discipline dans leurs relations et de veiller à leurs prises de parole.
« Il faut savoir comment utiliser les réseaux sociaux. Tout ne doit pas être publié. Ce que nous publions aujourd’hui peut nous rattraper, peu importe notre statut, car certaines personnes mal intentionnées peuvent utiliser ces contenus à d’autres fins. En adoptant une bonne hygiène numérique, on peut éviter une partie de ces problèmes. On ne pourra pas les éliminer totalement, mais au moins, chacun aura fait sa part », a déclaré Sylvio Combey, panéliste.
Les échanges ont également mis en garde contre les usages impulsifs des plateformes numériques : liker, commenter ou partager sous le coup de l’émotion peut avoir des conséquences graves.
Par ailleurs, les discussions ont permis de rappeler l’importance d’un usage réfléchi des réseaux sociaux. Un simple « like » ou un commentaire peut parfois entraîner des répercussions inattendues.
« En tant que femmes de médias, nous avons ressenti le besoin de mieux expliquer ces notions au public. Lorsqu’on parle de désinformation, de quoi s’agit-il exactement, et qu’en est-il sous l’angle du genre ? Nous avons abordé les notions de mésinformation et de malinformation, ainsi que les bonnes pratiques à adopter », a expliqué Elizabeth Apampa, présidente de l’AFPM.
À l’issue de ce panel, une table ronde réunissant des professionnels des médias est prévue le mois prochain afin d’approfondir la réflexion sur le traitement médiatique de ces questions. Des sessions de sensibilisation seront également organisées à l’intention des étudiantes et étudiants en journalisme et en communication. Par ailleurs, des collaborations sont envisagées avec des organisations de la société civile engagées dans la défense des droits des filles et des femmes.
Nadège ADIKI



