Dans le cadre de la mise en œuvre du projet OUESTAF « Parcours régionaux pour la prévention de la migration irrégulière, la lutte contre le trafic des migrants, la traite des êtres humains et la protection des femmes et des jeunes en situation irrégulière en Afrique de l’Ouest, y compris la sous-région du Sahel », un Comité de Coordination Pays (CCP) a été mis en place. Il a pour mission de coordonner les activités de toutes les parties prenantes du projet. La première session de ce comité s’est tenue ce jeudi 16 avril 2026 à Lomé. Le projet, porté par le consortium We World, WILDAF-AO et WILDAF-Togo est financé par l’Union européenne et mis en œuvre sous contrat avec l’ICMPD (Centre international pour le développement des politiques migratoires).
Cette première rencontre vise à collecter les données existantes sur la prise en charge des migrants, ainsi que sur les politiques, pratiques et difficultés rencontrées. L’objectif est d’élaborer une feuille de route garantissant une meilleure protection des migrants, en particulier des femmes et des jeunes.
Le Comité de Coordination Pays (CCP) est composé de six membres. Il regroupe deux représentants des institutions publiques, notamment le Programme d’Urgence de Renforcement de la Résilience et de la Sécurité (PURS) et le ministère de la planification et du développement. Deux représentants des organisations de la société civile, dont le Collectif des Associations contre l’Impunité au Togo (CACIT) et la Croix-Rouge togolaise, une représentante des médias: AfrikElles, ainsi qu’un représentant des associations de migrants au Togo, de l’ONG Mars Togo.
Sous la conduite des consultants de Stake Experts, les travaux ont permis au CCP de réaliser un diagnostic de la situation migratoire au Togo. Les échanges ont porté sur les constats et conclusions autour de quatre axes majeurs : la gouvernance migratoire, la protection des droits humains, le genre et l’inclusion sociale, ainsi que l’environnement et la sécurité.
« Le Togo a cette particularité, par rapport à d’autres pays, de mettre en place des cadres de coordination interministériels pour la gouvernance migratoire au niveau national, notamment à travers le PURS dans le cadre de la gestion des crises. Ces dispositifs rendent l’action gouvernementale plus efficace. Toutefois, un défi important reste celui des moyens financiers et techniques à mettre à la disposition de ces comités afin de leur permettre d’atteindre leurs objectifs. C’est une bonne pratique que le Togo peut partager avec les autres pays », a expliqué Sara Tadandja, consultant expert pays Togo-Bénin.
Par ailleurs, les discussions ont permis de formuler des recommandations et des plans d’action par axe d’analyse. Il a été recommandé de renforcer les capacités des comités de prise en charge des migrants, notamment en moyens financiers, techniques et humains. Il a également été souligné la nécessité de réduire l’écart entre les niveaux national et local en matière de coordination. Enfin, les participants ont insisté sur l’importance de rapprocher les partenaires techniques et financiers afin d’améliorer la rapidité des prises de décision.
Le CCP devient désormais un mécanisme de coordination et de supervision. Il jouera également un rôle dans l’orientation du plaidoyer et participera activement à sa mise en œuvre.

« Le projet prévoit de mener un plaidoyer auprès des parlements nationaux ainsi que de l’Union africaine. Nous avons déjà organisé un atelier sur la procédure opérationnelle standard, un document qui servira à tous les acteurs impliqués dans la prise en charge des migrants, qu’ils soient internes ou en transit. Avec les consultants, nous avons réalisé un diagnostic des politiques existantes. Cette analyse permettra de formuler une nouvelle politique et de nouvelles procédures », a affirmé Anne Collette Kpedji, directrice exécutive de WILDAF Togo.
La prochaine étape pour le CCP sera la finalisation de la feuille de route. Elle permettra de planifier la mise en œuvre des actions visant à renforcer la gestion de la question migratoire et à contribuer au développement du pays.
Pour rappel, le projet OUESTAF est mis en œuvre dans cinq pays de la sous-région, à savoir le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali et le Togo.
Un webinaire régional est prévu le 28 avril 2026. Il réunira les CCP de chaque pays participant.
La rédaction



