Et si la toile pouvait dire ce que les mots peinent à exprimer ? C’est le pari d’Annick Nyamle à travers son projet Mia Nyonu, lancé ce samedi 18 avril 2026 à Lomé. Cette initiative engagée bénéficie de l’appui du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA Togo), qui a mis à disposition son espace pour la mise en œuvre du projet.
Inscrite dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes (8 mars), l’initiative vise à mettre en lumière les réalités vécues par les femmes et les filles au Togo, en lien avec le thème international de l’édition 2026 : « Droits, justice, action pour toutes les femmes et les filles ».
L’ouverture a été marquée par une conférence-débat dédiée à l’art, à l’éducation et au partage, autour du thème : « Pour toutes les femmes et les filles : droits, égalité et autonomisation ». Le panel a réuni Bayaro Pyabalo, expert en éducation financière à l’Organisation internationale du travail (OIT), Dr Nadège Ayikoe, achitecte d’intérieur et présidente fondatrice de l’ISBA, ainsi que Charlotte Kounetsro, spécialiste de la survie et de la petite enfance à Compassion International Togo.
Au cœur des échanges : la persistance des violences basées sur le genre, malgré les efforts de sensibilisation. Les intervenants ont notamment insisté sur le rôle clé des parents dans l’éducation des enfants dès le plus jeune âge. Une éducation qui doit permettre aux enfants d’identifier, de comprendre et de signaler toute situation anormale. Les parents sont également appelés à instaurer un climat de confiance, aussi bien avec les filles qu’avec les garçons.
Les discussions ont également mis en évidence les conséquences souvent invisibles de ces violences : perte de confiance en soi, anxiété, peur constante ou encore perception dégradée des relations humaines. À cela s’ajoutent des risques sanitaires, notamment l’exposition aux infections sexuellement transmissibles (IST). D’autres thématiques, telles que la transformation des blessures en force et l’autonomisation financière, ont enrichi les échanges.
« Après ce projet, mon souhait est de voir chaque femme et chaque fille se tenir la tête haute, s’exprimer librement et dénoncer ce qu’elle traverse afin de trouver du soulagement. Les violences en milieu scolaire doivent également être dénoncées, et j’encourage toutes les victimes à oser en parler », a déclaré Annick Nyamle, promotrice de Mia Nyonu.

La conférence a été suivie du vernissage, marquant l’ouverture officielle de l’exposition. À travers ses œuvres, l’artiste aborde des thématiques telles que l’histoire, la dignité, la résilience et les luttes des femmes, tout en explorant la quête d’équilibre et de justice à travers l’émancipation.
« À travers mes œuvres, je veux célébrer la femme, lui insuffler la force de garder la tête haute et faire de mon art un levier d’émancipation au service du développement de la société », a-t-elle ajouté.
Prévu du 18 au 25 avril 2026, Mia Nyonu se poursuivra le 22 avril avec une rencontre éducative destinée aux jeunes, filles comme garçons, axée sur la sensibilisation et la protection des filles. Un afterwork professionnel est annoncé pour le 24 avril, avant une seconde rencontre avec les jeunes, le 25 avril, consacrée aux modèles de réussite.
Nadège ADIKI



