Wildaf Togo a organisé, les 21 et 22 mai 2026 à Lomé, un atelier d’appropriation et de renforcement des capacités autour de la nouvelle Procédure Opérationnelle Standard (POS) communautaire dédiée à la prise en charge des migrants en situation de vulnérabilité. La rencontre s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du projet Ouestaf intitulé « Parcours régionaux pour la prévention de la migration irrégulière, la lutte contre le trafic des migrants, la traite des êtres humains et la protection des femmes et des jeunes en situation irrégulière en Afrique de l’Ouest, y compris dans la sous-région du Sahel ».

Pendant deux jours, des représentants d’institutions étatiques, d’Organisations de la société civile (OSC) et des leaders communautaires venus de Lomé, Kara et des Savanes ont été outillés sur les mécanismes de coordination et de protection des migrants. L’objectif principal de cet atelier était de permettre aux différents acteurs d’appliquer de manière harmonisée et efficace les POS nationales de 2025 ainsi que les outils de référencement standardisés destinés à améliorer la prise en charge des migrants vulnérables.
Pour les organisateurs, aucun acteur ne peut, à lui seul, répondre à l’ensemble des besoins d’un migrant. D’où la nécessité d’une approche coordonnée impliquant les travailleurs sociaux, agents de santé, juristes, ONG et autorités locales. « Le travail doit être fait en synergie et tous les acteurs doivent se coordonner. C’est l’idéal pour réussir la prise en charge des migrants », a indiqué Anne Collette Kpédji, directrice exécutive de Wildaf Togo.

Selon elle, cette initiative vise également à renforcer les mécanismes existants en créant davantage d’interconnexions entre les différentes structures intervenant dans le domaine migratoire.
Au cours des travaux, les participants ont été formés à l’approche systémique et holistique de la prise en charge des personnes vulnérables. Ils ont également pris part à des exercices pratiques basés sur des cas simulés afin de mieux maîtriser les outils standardisés de référencement et d’orientation.
Les échanges ont aussi permis d’identifier les insuffisances des circuits actuels de prise en charge et de proposer des pistes d’amélioration adaptées aux réalités locales. Pour Émile Edeh, formateur et consultant principal chargé de l’accompagnement de la mise en œuvre des POS, les outils présentés constituent une avancée majeure pour améliorer la coordination entre les différents acteurs. « Les participants ont compris la nécessité de travailler dans un circuit intégré et coordonné afin d’assurer une prise en charge conforme aux mêmes standards partout où se trouve un migrant », a-t-il expliqué.
Les bénéficiaires de la formation ont salué une session pratique et enrichissante. « J’ai compris qu’en tant qu’acteur, je ne peux pas répondre seul à tous les besoins d’un migrant ; cela nécessite un travail en synergie », a témoigné Kolla Frédéric, secrétaire du Comité cantonal de développement (CCD) de Kétao.
À l’issue de cet atelier, Wildaf Togo prévoit de poursuivre les actions de plaidoyer auprès des autorités compétentes afin de favoriser une meilleure gestion des questions migratoires au Togo.
Nadège ADIKI



