Les femmes jouent un rôle majeur dans le commerce transfrontalier informel en Afrique de l’Ouest. Pourtant, elles continuent de faire face à de nombreux obstacles liés notamment au manque d’informations juridiques, à la méconnaissance des procédures communautaires ainsi qu’à l’insuffisance de ressources financières nécessaires à la formalisation de leurs activités. À cela s’ajoutent des pratiques abusives telles que le harcèlement, les extorsions et diverses formes de tracasseries aux frontières.
Dans le cadre de sa mission de promotion les droits des femmes et leur autonomisation économique, le Groupe de réflexion et d’action Femmes, Démocratie et Développement (GF2D), avec l’appui de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) et de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), organise les 28 et 29 mai 2026 à Lomé un atelier de renforcement des capacités à l’intention de 30 acteurs frontaliers.
Cette initiative vise à améliorer la connaissance et l’application des protocoles de la CEDEAO afin de promouvoir des échanges transfrontaliers plus équitables, sécurisés et respectueux des droits des femmes commerçantes.
Selon des données récentes issues d’un projet pilote conduit par la Commission économique pour l’Afrique (CEA), l’Union africaine et la CEDEAO, le commerce transfrontalier informel dans l’espace communautaire a représenté environ 22,8 millions de dollars sur une période de quatre mois. Les femmes assureraient près de 74 % de ces échanges, confirmant leur place essentielle dans l’intégration économique régionale, malgré leur forte vulnérabilité.
Pour Ginette Adekambi, Directrice Exécutive du GF2D, les frontières devraient être des espaces favorisant l’intégration et la prospérité commune plutôt que des lieux de difficultés pour les commerçants.
« Les frontières de notre espace communautaire ne devraient pas être des lieux d’obstacles. Elles devraient être des portes ouvertes sur l’intégration, la prospérité partagée et le respect mutuel. Pourtant, la réalité reste marquée par les tracasseries administratives, l’extorsion et la méconnaissance des droits. Les femmes commerçantes transfrontalières sont des piliers silencieux de l’intégration régionale. Elles nourrissent des familles, traversent des frontières et affrontent de nombreux obstacles, souvent sans protection institutionnelle suffisante », a-t-elle déclaré.
Pendant deux jours, les participants composés de transporteurs, transitaires, femmes commerçantes et agents frontaliers échangent autour de plusieurs thématiques essentielles. Les travaux portent notamment sur la présentation et la validation d’un diagnostic rapide des besoins des migrants et personnes déplacées dans les zones d’intervention, ainsi que sur l’approfondissement du cadre juridique de la libre circulation dans l’espace CEDEAO.
Les sessions vont également permettre d’aborder les droits et devoirs des différents acteurs du commerce transfrontalier, les règles commerciales communautaires ainsi que les mécanismes de lutte contre la corruption et les pratiques abusives aux frontières.
À travers une approche participative combinant exposés interactifs, travaux de groupes et discussions en plénière, les participants ont partagé leurs expériences et analysé des situations concrètes inspirées des réalités frontalières. Des supports visuels et des études de cas ont également été utilisés afin de faciliter la compréhension et l’application pratique des notions abordées.
À l’issue de cet atelier, les organisateurs entendent accompagner les acteurs concernés dans la facilitation des déplacements des migrants et l’accès aux documents nécessaires, en vue de contribuer à la construction d’un espace communautaire où chaque citoyen peut circuler, résider et exercer librement ses activités en toute sécurité.
Nadège ADIKI



