Dix ans après l’adoption de la Résolution 2250 portant sur l’agenda Jeunesse, Paix et Sécurité (JPS) dans la sous-région, en Afrique et dans le monde, un dialogue sur la participation des jeunes à la prévention des conflits et à la culture de la paix s’est tenu ce vendredi 19 décembre 2025 à Lomé. Cette rencontre est organisée par Equipop, WANEP Togo et s’inscrit dans le cadre du projet « Pour des agenda féminISTES Paix et Sécurité, Africaines de l’Ouest et du Sahel solidaires pour la paix ». L’objectif est de dresser le bilan d’une décennie d’actions et d’esquisser des perspectives en lien avec l’agenda FPS (Femmes, Paix et Sécurité), aux niveaux sous-régional et international.
Adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité des Nations Unies le 9 décembre 2015, la Résolution 2250 reconnaît pour la première fois le rôle essentiel des jeunes dans la consolidation de la paix et la prévention des conflits. Elle appelle les États, les organisations régionales et internationales à impliquer, protéger et soutenir les jeunes dans tous les efforts de paix, de sécurité et de développement durable.

Ainsi, ce dialogue est le fruit d’une collaboration étroite entre institutions nationales, organisations de la société civile et partenaires techniques et financiers. Il illustre la volonté commune de créer un espace intergénérationnel et multi acteurs où les voix des jeunes et des femmes sont pleinement reconnues et valorisées.
« Cette rencontre est pour nous très stratégique parce qu’elle regroupe une variété d’acteurs. Non seulement c’est une rencontre de bilan, mais aussi, pour certaines organisations, une rencontre de découverte qui va leur permettre d’implémenter des actions dans leur communauté, afin de faire rayonner davantage l’agenda Jeunesse, Paix et Sécurité. Si nous avons davantage de jeunes engagés et que le Togo dispose d’un plan d’action national de mise en œuvre de l’agenda Jeunesse, Paix et Sécurité, ce sera une véritable plus-value », explique Seyram Adiakpo, Coordonnateur national de WANEP-Togo.

Ce dialogue a été marqué par un panel de discussions autour de l’état des lieux de la mise en œuvre des agendas Femmes, Jeunesse, Paix et Sécurité (FJPS) au Togo, 25 ans après l’adoption de la Résolution 1325 et 10 ans après la Résolution 2250. Les échanges ont porté sur les réalisations et les initiatives en cours, le rôle des partenaires techniques et financiers, ainsi que sur l’importance de la participation active des jeunes et des femmes, notamment au niveau local.
Parmi les recommandations formulées, figure la nécessité de positionner davantage de femmes sur les listes électorales. Les discussions ont également permis d’explorer des pistes pour mieux intégrer les besoins spécifiques des jeunes filles, encore trop souvent négligés, alors qu’elles constituent un maillon essentiel des agendas Paix et Sécurité. Enfin, ce dialogue a permis de soulever les principaux défis rencontrés sur le terrain dans la mise en œuvre de l’agenda FJPS.
« Nous avons un plan d’action pour chaque année et, à ce jour, notre principale difficulté reste la mobilisation des ressources. En dehors de cela, il y a aussi des menaces, comme l’insécurité dans le grand Nord. Une autre difficulté, c’est aussi la mobilisation des membres. En résumé, nous faisons face à un défi global de mobilisation, et c’est pourquoi nous lançons un appel aux autres organisations qui ne font pas encore partie du groupe de travail à nous rejoindre. Chez nous, la diversité est une richesse », a souligné Yosso Pyalo Flora, Secrétaire générale adjointe du Groupe de travail Femmes, Jeunes, Paix et Sécurité en Afrique de l’Ouest et au Sahel.

Certes, les défis persistent, mais les solutions existent. Ce dialogue illustre une volonté commune de créer un espace intergénérationnel. Reconnaître le rôle central des jeunes et des femmes dans la prévention des conflits et la consolidation de la paix, c’est renforcer leur participation inclusive à tous les niveaux.
Nadège ADIKI




