Le harcèlement en milieu professionnel reste une problématique préoccupante, souvent tue par peur de représailles ou de perdre son emploi. Dans le cadre des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre, plusieurs voix se sont exprimées pour proposer des pistes concrètes de lutte contre ce fléau. Les réponses, diverses et sincères, révèlent que le harcèlement demeure une réalité bien présente dans les milieux professionnels. Elles soulignent un manque d’information sur les droits des victimes et les mécanismes existants de protection.
Kokou, comptable, pointe du doigt certaines administrations publiques : « Dans les services d’administration, ça abonde. Certains responsables abusent des jeunes filles et même des femmes mariées. Pour moi, il faut sensibiliser les responsables, dans les ministères comme dans les entreprises. » Pour lui, le problème naît souvent d’un rapport hiérarchique déséquilibré, ce qui fait de la sensibilisation des décideurs une priorité.
Fridaws, entrepreneure, aborde la question sous l’angle juridique : « Il doit y avoir des lois et des sanctions pour ces personnes qui harcèlent. Il faut aussi que les victimes dénoncent, car c’est leur droit. Si les sanctions sont appliquées à chaque cas, cela va réduire le phénomène. » Elle rappelle l’importance de la dénonciation et de l’application rigoureuse des sanctions prévues par la loi.
Un conducteur de taxi-moto, pour sa part, évoque la pression sociale et économique : « Chaque fille doit avoir le courage de supporter. Je ne dis pas de céder, mais il faut trouver d’autres solutions. Il ne faut pas démissionner. La vie est déjà dure, si elle démissionne, elle va manger comment ? » Son propos met en lumière une réalité : de nombreuses victimes se retrouvent contraintes au silence ou à la résignation par peur de perdre leur emploi.
Gbati, sociologue, insiste sur l’importance de la prévention par la sensibilisation : « Il faut sensibiliser le personnel, amener les femmes à connaître leurs droits et leur rappeler qu’elles ont le droit de dire NON. Ensuite, il faut sanctionner les auteurs pour qu’ils servent d’exemple. »
Victorine, revendeuse de bijoux, propose une approche organisationnelle : « Il faut instaurer une politique de tolérance zéro dans toutes les entreprises. Cela passe par l’inclusion d’interdictions claires dans les règlements intérieurs, des formations à tous les niveaux, et la promotion du respect de la femme dans un environnement de travail sûr. »
Un employé d’une société privée rappelle que les témoins ont aussi leur rôle à jouer : « Si je remarque qu’une fille est harcelée, je lui dirai de réunir des preuves, d’en parler aux responsables ou aux RH. Si rien ne change, il faut porter plainte. »
Cette série d’interventions révèle une mobilisation citoyenne forte. La lutte contre le harcèlement nécessite l’implication de tous les acteurs : victimes, témoins, employeurs, syndicats et autorités.
Nadège ADIKI




