L’association TCHOWOURE avec l’appui financier de Urgent Action Fund Africa (UAF), a lancé ce jeudi 08 janvier 2026 à Dapaong au nord Togo un nouveau projet intitulé « Réponse d’urgence pour la santé sexuelle, la protection et l’autonomisation des femmes déplacées ». Cette initiative vise à améliorer la protection, le bien-être psychosocial et l’autonomisation des femmes et jeunes filles déplacées dans la région des Savanes. La cérémonie de lancement s’est déroulée en présence des autorités administratives régionales. Elle a également été marquée par la restitution de la consultation nationale des jeunes du Togo sur la mise en œuvre de l’Agenda Jeunesse, Paix et Sécurité (JPS), tenue à Lomé les 10 et 11 novembre 2025.
La mise en œuvre de ce projet intervient dans un contexte sécuritaire préoccupant. La dégradation de la situation aux frontières nord du Togo, notamment avec le Burkina Faso, a entraîné un afflux de réfugiés ainsi que le déplacement interne de nombreuses familles togolaises dans la région des Savanes. Selon l’association TCHOWOURE, environ 50 % des personnes réfugiées et déplacées sont des femmes et des filles, accueillies au sein de communautés déjà fragilisées sur le plan socio-économique.


Ces femmes et jeunes filles font face à de nombreuses difficultés, parmi lesquelles la rupture de leur environnement familial et scolaire, des traumatismes psychologiques, l’insécurité, la précarité économique et l’absence d’espaces sûrs pour exprimer leurs besoins et préoccupations. Cette situation accroît leur exposition aux Violences Basées sur le Genre (VBG), à un stress psychosocial important, ainsi qu’à un manque d’accompagnement structuré et d’espaces confidentiels d’écoute et de soutien.
Pour répondre à ces défis, le projet porté par TCHOWOURE prévoit la création de trois groupes de parole, composés chacun de 25 femmes et jeunes filles, la mise en place d’espaces sûrs collectifs, un accompagnement communautaire renforcé et une amélioration de l’accès à la Santé Sexuelle et Reproductive (SSR). Le lancement officiel du projet a été effectué par le préfet de Tône, Ouro Gouroungou Horoumila.
« Nous mettrons en place des groupes de parole afin d’offrir des espaces sûrs d’écoute et de soutien aux femmes déplacées. Nous renforcerons également leur autonomie à travers des formations et la distribution de kits d’hygiène menstruelle. Des actions de sensibilisation et de prévention des violences basées sur le genre seront menées, avec une orientation vers les services de protection existants », a expliqué Reyhanate Touré Mamadou, Directrice Exécutive de l’Association TCHOWOURE.

À l’issue du projet, l’association espère un renforcement durable du bien-être psychosocial, de la dignité et du pouvoir d’agir des femmes et des filles déplacées. Les résultats attendus incluent une meilleure protection contre les violences, un accès accru à la santé sexuelle et reproductive, ainsi qu’une autonomie économique renforcée, leur permettant de reconstruire leur vie avec résilience et confiance.

La journée a été également un moment de partage sur la SSR et les VBG avec l’appui de l’UNFPA Togo, de distribution de kits menstruels réutilisables, ainsi qu’à la restitution officielle de la consultation des jeunes sur la mise en œuvre de l’Agenda JPS au Togo, suivie de la remise de la déclaration finale.
Eugenie GADEDJISSO TOSSOU




