Les femmes ne doivent plus être perçues uniquement comme des victimes ou de simples bénéficiaires des politiques liées à l’énergie et à l’environnement. Elles sont aussi des actrices de changement, des innovatrices et des expertes qui contribuent activement à la construction d’une transition énergétique durable. C’est dans cette perspective que la Coordination des Organisations Féministes du Togo (COFET) a organisé, les 22 et 23 juillet 2026 à Atakpamé, un atelier de renforcement des capacités destiné aux professionnels des médias et aux créateurs de contenus. Cette rencontre visait à les outiller sur l’intégration du genre dans la transition énergétique et l’économie verte, afin de favoriser une couverture médiatique plus inclusive et porteuse de changement social.
Avec l’appui de l’Institut de la Société Civile de l’Afrique de l’Ouest (WACSI), cette activité s’inscrit dans le cadre du projet « Plaidoyer pour l’efficacité de l’intégration du genre dans les politiques publiques sur la transition énergétique et l’économie verte au Togo », mis en œuvre en partenariat avec plusieurs organisations féminines, notamment le Cercle de Liaison et d’Entraide Féminine (CLEF), Femmes Leaders pour le Développement des Communautés à la Base (FELEADEC) et Campagne Des Femmes (CDF).
Une transition énergétique qui doit intégrer toutes les voix
Les échanges ont permis de rappeler que les femmes et les hommes ne vivent pas les mêmes réalités face aux enjeux énergétiques. La faible représentation des femmes dans les instances de décision, les difficultés d’accès au financement vert et l’insuffisante prise en compte du genre dans les politiques publiques constituent encore des obstacles à leur pleine participation.
Durant l’atelier, les participants ont été sensibilisés aux enjeux de la transition énergétique et de l’économie verte, avant d’aborder la nécessité d’intégrer une approche sensible au genre dans les productions médiatiques. Les discussions ont notamment révélé que, malgré les nombreuses initiatives écologiques développées dans les communautés, les contributions des femmes restent souvent peu visibles en raison des normes sociales liées au genre.
« Les défis de la transition énergétique sont également sociaux, économiques et institutionnels. Lorsque les médias parlent de transition énergétique sans évoquer les réalités spécifiques vécues par les femmes, c’est une partie essentielle de l’histoire qui disparaît », a expliqué Mawuli Atidokpo, cheffe projet.

Des outils pour un journalisme plus inclusif
Afin d’accompagner les journalistes et créateurs de contenus dans un traitement plus équilibré des questions liées au genre, un guide pratique leur a été remis. Ce document propose des pistes pour éviter les stéréotypes, identifier de nouveaux angles éditoriaux et promouvoir un journalisme de solution.
Selon Apédo Abla Edwige, consultante rédactrice du guide, les femmes restent encore trop souvent absentes des productions médiatiques consacrées à la transition énergétique, alors même qu’elles sont nombreuses à occuper des rôles importants comme expertes, techniciennes, dirigeantes ou responsables de coopératives dans le secteur écologique.

AfrikElles engagé pour une meilleure représentation des femmes
À travers sa participation à cet atelier, AfrikElles, média féminin et féministe réaffirme son engagement à promouvoir un journalisme inclusif et à donner davantage de visibilité aux femmes qui œuvrent dans les secteurs stratégiques du développement durable. Pour elle, cette formation constitue une opportunité de renforcer ses pratiques journalistiques et de mieux intégrer la dimension genre dans les contenus produits.
À l’issue de la rencontre, les professionnels des médias et communicants ont formulé plusieurs recommandations, notamment leur engagement à intégrer davantage l’approche genre dans leurs productions et à développer des campagnes médiatiques inclusives.
De son côté, la COFET s’est engagée à poursuivre l’accompagnement des acteurs afin de favoriser une meilleure prise en compte du genre dans les contenus consacrés à la transition écologique.
Nadège ADIKI, participante à l’atelier au nom d’AfrikElles



