Après plusieurs années de chômage, FARE Manesso élève aujourd’hui 50 poules et partage désormais son savoir-faire avec d’autres. DJANFROUGOU Damitote, elle, compte aujourd’hui 14 têtes de petits ruminants après avoir bénéficié d’une formation en élevage. Leurs parcours illustrent, au-delà des chiffres, les changements recherchés par le Projet d’Inclusion Économique, arrivé au terme de sa mise en œuvre dans les régions de la Kara et des Savanes.
À Kara, du 17 au 21 août 2026, l’heure était au bilan, mais aussi à la projection vers l’avenir. Le Projet d’Inclusion Économique, mis en œuvre par Handicap International / Humanité & Inclusion (HI), en partenariat avec la Fédération Togolaise des Associations de Personnes Handicapées (FETAPH), avec l’appui financier de la Coopération allemande à travers la GIZ Togo, a organisé son processus de capitalisation et de clôture.
L’objectif n’était pas seulement de marquer la fin du projet. Il s’agissait également de revenir sur les acquis, les bonnes pratiques et les leçons apprises, de donner à voir les changements observés sur le terrain et surtout de réfléchir aux moyens de pérenniser les acquis au-delà de la clôture du projet.
Derrière les chiffres, des histoires de vie
Mis en œuvre dans un contexte marqué par un accès limité des groupes vulnérables aux opportunités de formation, d’emploi et d’entrepreneuriat, le projet visait à contribuer à l’amélioration durable de leur insertion socio-économique, notamment celle des jeunes, des femmes et des personnes en situation de handicap.
Pour y parvenir, le projet a combiné plusieurs approches : renforcement de l’employabilité, promotion de l’inclusion professionnelle, développement des compétences entrepreneuriales et renforcement des capacités des acteurs publics, privés et communautaires de l’écosystème de l’emploi.
Les bénéficiaires ont notamment bénéficié de séances de briefing, d’immersions professionnelles, d’entretiens individuels et motivationnels, de formations professionnelles dans des métiers porteurs et de formations entrepreneuriales selon l’approche Formation en Développement d’Affaires (FoDA). À cela se sont ajoutés du coaching individualisé et des kits d’installation adaptés aux activités développées.
Au total, 500 personnes ont été accompagnées, dont 350 femmes et 200 personnes en situation de handicap, selon le bilan présenté lors de l’atelier. Le projet a également contribué au renforcement de 40 coopératives et apporté un appui à 25 entreprises.
Mais pour les bénéficiaires, ces résultats prennent surtout la forme d’activités concrètes, de revenus et d’une nouvelle confiance en leurs capacités.

« Après ma licence, j’étais au chômage »
Parmi les témoignages partagés lors de l’atelier officiel de clôture, celui de FARE Manesso, bénéficiaire en situation de handicap, illustre cette évolution. « Après ma licence en 2016, j’étais au chômage. Mais avec la formation et l’aide des partenaires HI et GIZ, j’ai pu atteindre un cheptel de 50 poules », témoigne-t-il.
Une partie de son élevage était exposée lors de la mini-foire organisée en marge de la cérémonie. Mais son parcours ne s’arrête pas à la création d’une activité. Il est aujourd’hui sollicité pour partager son expérience. « On me demande même d’aider et de donner des formations », ajoute-t-il.

Cette évolution traduit l’un des changements recherchés par le projet : permettre aux bénéficiaires de renforcer leurs compétences, de développer des activités génératrices de revenus et de progresser vers une plus grande autonomie socio-économique.
« Je ne reste plus les bras croisés »
Le parcours de DJANFROUGOU Damitote, également bénéficiaire en situation de handicap, témoigne lui aussi de cette dynamique. Après plusieurs années de difficultés, elle a suivi une formation en élevage de petits ruminants. Aujourd’hui, elle dispose de 14 têtes de bétail.
« J’ai suivi la formation en élevage de petits ruminants après des années de souffrance. Aujourd’hui, j’ai 14 têtes de bétail. Grâce à cette activité, je ne reste plus les bras croisés », explique-t-elle.
À travers ces témoignages, l’enjeu de l’inclusion économique apparaît dans sa dimension la plus concrète : permettre à des personnes qui rencontrent des obstacles dans l’accès à l’emploi ou aux opportunités économiques de développer leurs propres capacités et de participer davantage à la vie économique de leur communauté.
Un projet qui agit aussi sur l’écosystème de l’emploi
L’action du Projet d’Inclusion Économique ne s’est pas limitée à l’accompagnement individuel.
Les plateformes pour l’emploi et les coopératives ont bénéficié d’un accompagnement technique visant à renforcer leurs capacités et à promouvoir des pratiques plus inclusives. Le projet a également mené des actions de sensibilisation et de formation auprès des entreprises sur l’inclusion, organisé des Forums Régionaux de l’Emploi et de la Formation Professionnelle, réhabilité des centres de formation et facilité l’accès de certains bénéficiaires à des aides techniques et à des opportunités d’insertion professionnelle.
Cette approche traduit une volonté d’agir au-delà des seuls bénéficiaires, en renforçant progressivement l’écosystème dans lequel doivent s’inscrire leur formation, leur insertion et leur activité économique.
Trois temps pour faire le bilan et préparer l’après
Le processus de clôture s’est articulé autour de trois temps forts complémentaires.
Le premier a été consacré au bilan technique de l’exécution des activités, avec l’équipe projet. Le deuxième a réuni les principaux partenaires techniques et institutionnels pour un exercice de capitalisation des acquis, des bonnes pratiques, des défis et des leçons apprises. Le troisième a été consacré à l’atelier officiel de clôture, réunissant l’ensemble des parties prenantes.
La journée officielle a notamment été marquée par la présentation du bilan du projet, la projection de capsules vidéo et de photographies, des échanges avec les participants, ainsi que des témoignages de bénéficiaires, de plateformes pour l’emploi, d’entreprises, de centres de formation et d’organisations de personnes handicapées.
Au total, 73 participants ont pris part à cette troisième journée, parmi lesquels des représentants des autorités administratives, des collectivités locales, des services techniques de l’État, des organisations de personnes handicapées, des entreprises, des coopératives, des centres de formation, des plateformes pour l’emploi, des partenaires techniques et financiers ainsi que des médias.
Une mini-foire pour montrer ce que les bénéficiaires ont construit
Après les échanges, la théorie a laissé place au concret avec une mini-foire d’exposition et de réseautage.
Neuf exposants, dont quatre coopératives et cinq bénéficiaires individuels, ont présenté leurs produits et savoir-faire. Transformation agroalimentaire, élevage, maraîchage et production de beurre de karité figuraient parmi les domaines représentés.
Dans cet espace, les produits exposés racontaient une autre partie de l’histoire du projet : celle des compétences acquises, des activités créées ou renforcées et de la volonté des bénéficiaires de transformer l’accompagnement reçu en activités durables.



Les coopératives DAKALFAM, Dindane de Bogou, Prospérité et GNALMIE figuraient notamment parmi les exposants.
Au-delà des 500 bénéficiaires accompagnés, des 40 coopératives renforcées ou des 25 entreprises soutenues, la véritable mesure d’un projet d’inclusion économique se trouve peut-être dans ces changements de trajectoire : lorsqu’une personne qui cherchait une opportunité commence à en créer pour elle-même, puis parfois pour les autres.
La clôture du Projet d’Inclusion Économique marque ainsi la fin d’une phase d’accompagnement, mais ouvre surtout une nouvelle responsabilité collective : faire en sorte que les acquis continuent à vivre, que les activités se consolident et que l’inclusion économique devienne durable dans les régions de la Kara et des Savanes.
La Rédaction



