La chanteuse béninoise Angélique Kidjo devient la première artiste africaine à recevoir une étoile sur le célèbre boulevard de Los Angeles, après quatre décennies d’une carrière qui a contribué à faire rayonner les musiques africaines à l’international. Une étoile pour une artiste, mais aussi un symbole pour tout un continent. Le mardi 18 août 2026, à Los Angeles, Angélique Kidjo a reçu son étoile sur le célèbre Walk of Fame d’Hollywood, devenant ainsi la première chanteuse africaine à être honorée sur cette prestigieuse avenue qui célèbre les grandes figures de l’industrie du divertissement.
La cérémonie, organisée par la Chambre de commerce d’Hollywood, vient consacrer près de quarante années d’une carrière internationale marquée par la créativité, l’engagement et la volonté de faire entendre les sonorités africaines au-delà du continent.
Une reconnaissance qui dépasse la musique
À travers cette distinction, c’est tout un parcours artistique qui est célébré. Depuis ses débuts, Angélique Kidjo a construit son identité musicale à partir d’un dialogue entre les rythmes et sonorités africaines, le funk, la pop et le jazz.
Avec 18 albums à son actif et cinq Grammy Awards dans la catégorie Best Global Music Album, remportés notamment en 2008, 2015, 2016, 2020 et 2022, l’artiste béninoise s’est imposée comme l’une des voix africaines les plus reconnues sur la scène internationale.
Dans un communiqué, la Chambre de commerce d’Hollywood souligne d’ailleurs la portée particulière de cette reconnaissance. Selon l’institution, les quatre décennies de carrière de la chanteuse ont contribué à ouvrir davantage la voie aux artistes africains sur la scène internationale.
Son étoile devient ainsi le symbole d’un parcours individuel, mais également d’un mouvement plus large de reconnaissance des talents africains dans l’industrie culturelle mondiale.
« L’Afrique est au centre de toutes les musiques »
Face à cette reconnaissance, Angélique Kidjo n’a pas caché son émotion.
« Je n’arrive toujours pas à y croire, mais l’étoile est là. C’est un moment historique pour le pays et pour le continent en général. »
Pour l’artiste, cette distinction dépasse donc sa propre personne. Elle constitue une reconnaissance de la contribution de l’Afrique et de la diaspora africaine à l’histoire de la musique mondiale.
« L’Afrique est au centre de toutes les musiques », a-t-elle également déclaré, rappelant notamment l’influence des communautés noires américaines et des héritages africains dans la construction de plusieurs grands courants musicaux.
Son message est aussi un appel à maintenir ouvertes les portes désormais franchies.
Une artiste engagée au-delà de la scène
Si sa voix et son énergie ont contribué à faire sa renommée, Angélique Kidjo ne limite pas son engagement à la musique.
Elle est également ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF pour la cause des enfants et a créé Batonga, une organisation engagée notamment en faveur de l’éducation des filles.
Son engagement s’étend également à l’autonomisation économique des femmes. Elle est porte-parole de l’Initiative pour le financement en faveur des femmes en Afrique (AFAWA) du Groupe de la Banque africaine de développement depuis 2019.
À travers ces différentes actions, la chanteuse utilise sa notoriété pour porter des causes qui dépassent le monde artistique : éducation, droits des enfants et autonomisation des femmes.
Une étoile pour ouvrir davantage de portes
L’étoile d’Angélique Kidjo sur le Walk of Fame ne représente donc pas uniquement une récompense pour une carrière exceptionnelle. Elle raconte aussi une histoire de visibilité, de représentation et de transmission.
Pour les artistes africains, et particulièrement pour les femmes artistes, cette reconnaissance ouvre symboliquement une nouvelle fenêtre sur une industrie mondiale longtemps marquée par une faible représentation du continent.
De Cotonou à Los Angeles, Angélique Kidjo aura ainsi contribué à faire voyager les rythmes, les langues et les histoires d’Afrique sur les plus grandes scènes du monde.
Son étoile est désormais gravée à Hollywood. Mais derrière son nom, c’est aussi une partie de l’Afrique qui s’inscrit dans l’histoire culturelle mondiale.
Nadège ADIKI



