Face aux effets du changement climatique et à l’usage encore préoccupant des pesticides de synthèse, la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) et l’ONG PASYD ( Partage et Action en Synergie pour le Développement) lancent une initiative destinée à renforcer les capacités des jeunes et des femmes maraîchers du littoral togolais. Le projet entend promouvoir une gestion plus rationnelle de l’eau et des pesticides pour une agriculture plus résiliente et respectueuse de l’environnement. Le lancement du projet a eu lieu le 25 août 2026.
Le maraîchage dans la région maritime et sur le littoral togolais fait face à des défis environnementaux de plus en plus importants. Entre les effets du changement climatique, les phénomènes météorologiques extrêmes et la vulnérabilité des ressources en eau, les producteurs doivent composer avec des conditions qui fragilisent leurs activités. À cela s’ajoute l’utilisation parfois peu maîtrisée des pesticides de synthèse, qui expose les producteurs, les consommateurs et l’environnement à des risques sanitaires et écologiques.

C’est dans ce contexte que la FAO et l’ONG PASYD ont décidé d’unir leurs expertises. À travers la signature d’un protocole d’accord (LoA), les deux organisations mettent en œuvre le projet « Renforcement des capacités des jeunes et femmes maraîchers pour une gestion écologiquement rationnelle de l’eau et des pesticides sur le littoral togolais ».
L’initiative s’inscrit dans le cadre du projet « Renforcement de la résilience au changement climatique des communautés côtières du Togo (R4C-Togo) », financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et coordonné par l’Office de développement et d’exploitation des forêts (ODEF), suivant l’approche OPIM adoptée par la FAO.
60 coopératives et 916 bénéficiaires ciblés
Le projet a été officiellement lancé le 25 août 2026, lors d’une rencontre réunissant notamment les autorités locales, les leaders communautaires, les acteurs du secteur, les médias et différentes parties prenantes.
L’objectif de cette rencontre était de présenter le projet, ses principales activités ainsi que les possibilités de participation des acteurs locaux à sa mise en œuvre. Elle devait également favoriser une meilleure compréhension des enjeux liés à la gestion de l’eau et à l’utilisation responsable des pesticides dans les communautés maraîchères.
De manière inclusive, le projet cible 60 coopératives de maraîchers, principalement féminines et mixtes, représentant au total 916 bénéficiaires directs. Ceux-ci sont répartis dans les préfectures du Golfe, des Lacs, d’Agoè-Nyivé, de l’Avé et du Zio.
Au-delà de la présentation du projet, les participants ont été sensibilisés aux enjeux de redevabilité envers les coopératives. L’ambition est également de renforcer leur appropriation des problématiques liées au projet afin qu’ils puissent, à leur tour, contribuer à la sensibilisation des communautés maraîchères.
Une gestion plus efficace de l’eau au cœur de l’initiative
La question de l’eau occupe une place centrale dans cette nouvelle démarche. Dans les zones côtières, la pression croissante exercée sur les ressources hydriques, combinée aux épisodes de sécheresse et aux effets du changement climatique, constitue un enjeu majeur pour la pérennité des activités maraîchères.
« Au-delà de la sécurité phytosanitaire, l’un des piliers stratégiques de ce protocole d’accord repose sur la gestion efficiente et durable des ressources en eau en horticulture », a expliqué Francis Komi Akpa, directeur exécutif de PASYD.
Selon lui, le projet prévoit notamment des formations essentiellement pratiques destinées à permettre aux maraîchers de mieux maîtriser leur consommation d’eau.
« Le présent sous-projet compte donc intégrer des modules de formation essentiellement pratiques visant à enseigner aux maraîchers comment utiliser l’eau de façon optimale pour augmenter leurs rendements, réduire les coûts d’exploitation et préserver la ressource face aux sécheresses », a-t-il ajouté.

Miser sur des pratiques agricoles plus résilientes
À travers cette initiative, la FAO et PASYD entendent ainsi accompagner les producteurs vers une transition progressive des pratiques agricoles sur le littoral togolais. La formation sur l’utilisation rationnelle des pesticides et la gestion durable de l’eau doit permettre de réduire les risques pour la santé et l’environnement, tout en améliorant la productivité des exploitations.
La cérémonie de lancement s’est achevée sur une approche participative, alternant interventions officielles, présentation du projet et échanges avec les participants. Ces discussions ont permis de recueillir des commentaires, conseils et recommandations destinés à renforcer la mise en œuvre du projet sur le terrain.
L’enjeu est désormais de transformer ces orientations en pratiques concrètes afin de contribuer à un maraîchage côtier togolais plus sûr, plus résilient et plus respectueux des ressources naturelles.
Nadège ADIKI



