À Lomé, WILDAF Togo a réuni, le 2 septembre 2026, des acteurs institutionnels et de la société civile autour de la validation d’un document de plaidoyer consacré à une gouvernance migratoire togolaise plus cohérente et protectrice. L’atelier a permis d’examiner les recommandations issues des travaux menés dans le cadre du projet OUESTAF et de recueillir les contributions des différents acteurs en vue de finaliser le document.
La rencontre s’inscrit dans la mise en œuvre du projet OUESTAF, intitulé « Parcours régionaux pour la prévention de la migration irrégulière, la lutte contre le trafic des migrants, la traite des êtres humains et la protection des femmes et des jeunes en situation irrégulière en Afrique de l’Ouest, y compris dans la sous-région du Sahel ». Le projet est porté en consortium par WeWorld, WILDAF-AO et WILDAF Togo, avec le financement de l’Union européenne et sous contrat avec l’ICMPD, le Centre international pour le développement des politiques migratoires.
Des études qui mettent en lumière plusieurs défis
Au Togo, la mise en œuvre du projet a notamment permis de réaliser une cartographie des acteurs intervenant dans les politiques migratoires et une analyse des mécanismes de protection et de coordination en matière de gouvernance migratoire.
Ces travaux ont fait ressortir plusieurs défis auxquels le pays doit répondre pour améliorer la prise en charge et la protection des migrants vulnérables. Les recommandations formulées portent notamment sur l’adoption et l’alignement de la politique nationale migratoire avec les priorités de développement du pays, dans une démarche inclusive, ainsi que sur le renforcement du mécanisme national de coordination migratoire.
Elles préconisent également un meilleur appui financier aux structures intervenant dans la protection des migrants vulnérables et insistent sur l’accès à l’information, considéré comme un élément essentiel pour permettre aux migrants de connaître leurs droits et les procédures qui les concernent.
La communication avec les communautés d’accueil constitue également un axe important des recommandations.

Transformer les recommandations en plaidoyer
L’atelier de validation a ainsi constitué une étape importante pour transformer ces recommandations en un véritable argumentaire de plaidoyer destiné aux décideurs.
Pour Emile Edeh, consultant principal chargé de l’accompagnement et de la mise en œuvre du document de plaidoyer institutionnel, la participation des différents acteurs était indispensable pour améliorer le contenu et renforcer la portée du document.
« Il était important de mobiliser les acteurs qui travaillent sur ce projet pour venir étudier le document, l’analyser, le réviser et c’est ce travail qui a été fait. Ils ont apporté des contributions qui vont aider à améliorer le document, à ajuster certaines formulations pour que, quand le plaidoyer va être porté, on puisse avoir des résultats probants et engager les décideurs pour pouvoir faire ce qui doit être nécessairement fait pour faire avancer les choses. »

Tout en reconnaissant les efforts déjà consentis par le Togo en matière de gouvernance migratoire, il estime que certaines actions doivent désormais être renforcées.
« Le Togo a fait beaucoup d’efforts pour asseoir une gouvernance migratoire. Maintenant, il y a des choses qui doivent être faites pour renforcer. On ne demande pas à l’État de changer de trajectoire, mais d’accélérer ce qui est en cours pour que des résultats tangibles soient obtenus au bénéfice des migrants vulnérables, qu’ils soient togolais ou étrangers », a-t-il souligné.
Mieux coordonner les actions en faveur des migrants
Au-delà des recommandations, le document précise également les responsabilités des différents acteurs.
Les institutions publiques sont notamment appelées à rendre les informations relatives aux procédures administratives plus accessibles et compréhensibles, à renforcer la communication à destination de la diaspora togolaise et des migrants internationaux présents au Togo, en cohérence avec les engagements de la CEDEAO, et à vulgariser les droits et procédures prévus par le cadre juridique existant.
Les organisations de la société civile, quant à elles, sont appelées à jouer davantage leur rôle de relais d’information auprès des migrants et des communautés d’accueil.
Pour Anne Collette Kpédji, directrice exécutive de WILDAF Togo, l’un des principaux défis reste la coordination des nombreuses initiatives déjà existantes.
« Je pense que nous avons ciblé les bons acteurs et chacun, en ce qui le concerne, a dit ce qui se fait concrètement dans notre pays. Il y a déjà assez de programmes, assez d’activités, assez d’engagement de l’État pour les migrants. Maintenant, le défi, c’est de voir comment coordonner toutes ces activités-là. Comment les coordonner ? Comment parler d’une même voix ? Comment avoir des informations disponibles sur les migrants de notre pays ? C’est de ça qu’il est question. »
Elle souligne également la nécessité de réfléchir à des mécanismes de financement durables pour assurer une meilleure prise en charge des personnes vulnérables.
Un document appelé à servir de base au plaidoyer
À la suite des contributions recueillies lors de l’atelier, les corrections seront intégrées afin d’aboutir à une version définitive du document. Une stratégie de plaidoyer sera ensuite élaborée pour faciliter son appropriation par les différentes cibles.
Cette stratégie servira notamment de base aux actions de plaidoyer auprès des ministères sectoriels, avant d’être portée à un niveau régional et continental, notamment auprès de l’Union africaine.
Nadège ADIKI



