Au Togo, la majorité de la population soutient le droit des filles enceintes ou devenues mères à poursuivre leur scolarité. C’est ce que révèle la dernière enquête d’Afrobarometer Round 10, publiée dans la dépêche n°1207 du 22 juillet 2026 et réalisée par le Center for Research and Opinion Polls (CROP). Cette enquête met en lumière une évolution des perceptions sur les droits sexuels et reproductifs des femmes et des filles. Une large majorité de Togolais se prononce en faveur du maintien des filles enceintes à l’école, de l’enseignement, de l’éducation à la sexualité dans les établissements scolaires, ainsi que du droit des femmes à prendre librement des décisions concernant leur mariage et leur santé reproductive.
Un fort soutien au maintien des filles enceintes à l’école
Les chiffres témoignent d’une adhésion importante à l’idée d’une éducation inclusive. Selon les résultats de l’enquête, 91 % des Togolais estiment que les filles devraient être autorisées à poursuivre leur scolarité même en cas de grossesse ou après la naissance d’un enfant.
Cette position intervient dans un contexte marqué par la persistance des grossesses précoces en milieu scolaire. Pour l’année académique 2024-2025, 2 284 cas de grossesses ont été enregistrés dans les établissements scolaires, dont 17 au primaire, 1 319 au premier cycle du secondaire et 948 au second cycle. Selon Women in Law and Development in Africa (WiLDAF), ces situations contribuent aux abandons scolaires et aux redoublements, tout en exposant les jeunes filles à des risques sanitaires et sociaux importants.
Au-delà de la question de la poursuite scolaire, 84 % des personnes interrogées soutiennent l’introduction de l’éducation à la sexualité dans les écoles, considérée comme un moyen de mieux informer les jeunes et de renforcer la prévention.
Des avancées sur les droits sexuels et reproductifs
L’enquête révèle également une opinion favorable à un meilleur accès aux services de santé reproductive. Ainsi, 64 % des Togolais interrogés approuvent l’accès aux contraceptifs indépendamment de l’âge ou du statut matrimonial, tandis que 54 % soutiennent plus spécifiquement l’accès aux méthodes contraceptives.
Par ailleurs, une majorité des répondants reconnaît aux femmes le droit de faire leurs propres choix en matière de vie familiale. 86 % estiment qu’elles devraient être libres de décider si et quand elles souhaitent se marier, tandis que 65 % considèrent qu’elles doivent pouvoir choisir le moment et le nombre d’enfants qu’elles désirent avoir.
Des perceptions encore contrastées sur l’interruption de grossesse
L’étude met toutefois en évidence des opinions plus nuancées sur la question de l’interruption de grossesse. Près de quatre Togolais sur dix (38 %) déclarent que des femmes ou des jeunes filles de leur communauté y ont recours occasionnellement ou souvent.
Si de fortes majorités reconnaissent certaines situations particulières, notamment lorsque la grossesse met en danger la santé ou la vie de la femme, ou lorsqu’elle résulte d’un viol ou d’un inceste, l’adhésion reste faible lorsque l’interruption est liée à des difficultés économiques ou à une grossesse non désirée.
Vers un renforcement de l’accès à la santé reproductive
Face à ces enjeux, le Togo a engagé plusieurs actions visant à améliorer l’accès aux services de santé reproductive, à travers des mesures institutionnelles et juridiques, mais également grâce aux initiatives menées par les organisations de la société civile auprès des communautés.
Créé en 1999, Afrobarometer est un réseau panafricain et non partisan de recherche par sondage qui produit des données sur les expériences et perceptions des citoyens africains en matière de démocratie, de gouvernance et de qualité de vie. Dix cycles d’enquêtes ont déjà été réalisés dans jusqu’à 45 pays africains. Les enquêtes du Round 11 ont débuté en mai 2026, avec des entretiens menés en face-à-face dans la langue choisie par les répondants.
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