Les organisations de la société civile (OSC) et média récipiendaires du projet « Pour des agendas FéminiSTES Paix et Sécurité – Africaines de l’Ouest et du Sahel solidaires pour la paix » au Togo ont fait le point sur près de trois années d’actions en faveur de la paix et de la sécurité. Réunis du 2 au 4 septembre 2026 à Lomé pour un atelier national de capitalisation, ces OSC et média ont partagé leurs expériences, analysé les changements obtenus et tiré les enseignements nécessaires pour renforcer la participation des femmes et des jeunes à la construction d’une paix durable.
Dans un contexte ouest-africain et sahélien marqué par la multiplication des crises sécuritaires, des conflits et des tensions sociales, les femmes et les jeunes restent parmi les populations les plus exposées aux conséquences de l’instabilité. Pourtant, leur contribution à la prévention des conflits, à la cohésion sociale et à la consolidation de la paix demeure encore insuffisamment reconnue et soutenue.
C’est pour contribuer à inverser cette tendance que le projet « Pour des agendas FéminiSTES Paix et Sécurité – Africaines de l’Ouest et du Sahel solidaires pour la paix » accompagne depuis près de trois ans des activistes féministes, notamment des jeunes, ainsi que leurs réseaux et mouvements au Bénin, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Niger, au Tchad et au Togo.

Au Togo, cette dynamique a connu une étape majeure avec la tenue, du 2 au 4 septembre 2026 à Lomé, de l’atelier national de capitalisation finale du projet.
« Au cours de ces trois jours d’activités, nous avons établi une frise chronologique des activités qui se sont tenues, mais nous ne nous sommes pas arrêtées à ce niveau. Nous avons également cherché à savoir ce qui a réellement marché, ce qui n’a pas marché, ce qui pourrait mieux marcher et aussi voir un peu quels sont les changements que ce projet a permis d’inaugurer. Maintenant, pour terminer, nous avons ensemble réfléchi aux leçons que nous avons apprises de la réalisation de ce projet pour voir dans quelle mesure nous pourrons améliorer une prochaine fois que nous aurons à mettre en œuvre d’autres projets », a affirmé Seyram Adiakpo, coordonnateur national de Wanep Togo.
Capitaliser pour mieux comprendre les changements
L’atelier ne s’est pas limité à dresser le bilan des activités réalisées. Il a surtout permis aux participantes et participants de s’interroger sur les transformations produites par les différentes initiatives soutenues par le projet, au niveau individuel, organisationnel et sociétal.
À travers les Approches Orientées Changements (AOC), les organisations bénéficiaires ont été invitées à revenir sur leurs expériences, à identifier les évolutions significatives observées et à analyser les facteurs ayant favorisé ou, au contraire, freiné ces changements.
« Grâce à l’appui du consortium du projet, nous avons vraiment aidé les personnes vulnérables, telles que les femmes réfugiées, déplacées et autres, ainsi que les personnes handicapées dans beaucoup d’activités pour pouvoir vraiment sortir de la vulnérabilité et leur permettre de vraiment accéder à des instances de décision, d’être impliquées et de participer à des actions communautaires », a témoigné Mariam Kassamba, chargée de projet et chargée d’autonomisation économique des femmes au niveau de Club des Femmes des Savanes pour la promotion de la culture.

Les échanges ont notamment porté sur trois dimensions essentielles : l’empouvoirement, la mobilisation et le plaidoyer, trois leviers au cœur de l’action féministe en faveur de la paix et de la sécurité.
Des expériences locales au service d’une dynamique collective
Au cours des travaux, les organisations de la société civile et le média récipiendaires ont partagé leurs expériences et présenté leurs arbres de changement, permettant de visualiser les transformations auxquelles leurs interventions ont contribué.
Ces exercices ont offert un espace d’analyse collective des résultats obtenus, mais également des difficultés rencontrées sur le terrain. Ils ont permis de faire ressortir les bonnes pratiques susceptibles d’être reproduites, tout en identifiant les conditions nécessaires à leur réussite.
La démarche a également favorisé le dialogue entre les différentes parties prenantes et la mise en commun des apprentissages. Une approche particulièrement importante dans un domaine où les réponses aux enjeux de paix et de sécurité nécessitent une mobilisation collective et une meilleure articulation entre organisations de la société civile, médias, institutions et autres acteurs.
Des acquis à consolider pour l’avenir
L’atelier national de capitalisation constitue ainsi une étape vers la production du rapport national de capitalisation, mais également vers la consolidation des enseignements issus des six pays d’intervention du projet.
Les travaux doivent permettre de documenter les changements observés, de formaliser les bonnes pratiques, d’identifier les facteurs de réussite et les principaux freins, mais aussi de dégager des enseignements utiles pour les futures interventions d’accompagnement technique et financier, de plaidoyer et d’action sur le terrain.
La capitalisation devient alors plus qu’un exercice de clôture : elle constitue un outil stratégique pour préserver la mémoire des expériences, valoriser les contributions des actrices et acteurs locaux et améliorer les pratiques.
« Nous visons davantage le changement, nous en avons qui reste à ancrer et le travail continue. Tant que les normes ne seront pas vraiment favorables à tous, tant que nous n’allons pas aller vers cette paix, nous ne pouvons pas réellement nous dire satisfaits. Mais on sait que c’est déjà de gros efforts qui sont faits, c’est déjà de gros pas qui sont faits pour conduire à cela. Et même si ce n’est pas encore ce qu’on espère, c’est au moins l’occasion aussi de reconnaître ces efforts là et de s’en réjouir tout en continuant le travail », a affirmé Romance Hounpkatin, chargée d’accompagnement à Equipop.

Lancé en septembre 2024, le projet, piloté par un consortium avec pour chef de file Equipop, a été mis en œuvre au Togo avec Wanep-Togo comme partenaire. Pendant trois années, il a contribué à renforcer les capacités des organisations féministes et féminines et à soutenir leurs actions en faveur de la paix et de la sécurité.
La Rédaction



