On dit souvent qu’on ne poursuit pas deux lièvres à la fois. Pourtant, certaines femmes réussissent à mener plusieurs combats de front et à atteindre leurs objectifs. Togolaise, docteure en anthropologie du genre et développement, Tèlé Ayawavi Djahlin fait de ses connaissances un véritable levier d’action et de transformation sociale. Engagée pour l’épanouissement et l’autonomisation des femmes au sein du Réseau des Femmes de l’Enseignement Supérieur du Togo (ReFEST), elle porte également l’ambition de contribuer à la création d’une fédération regroupant les associations féminines de base. Une initiative visant à faciliter le partage d’informations sur les enjeux du développement humain durable et à renforcer la participation des femmes à la vie publique.
De l’oral à la plume : transmettre par l’enseignement et la recherche
Dans sa mission de transmission des savoirs à la jeune génération, elle intervient à la Faculté des Sciences de l’Homme et de la Société (FSHS), au département d’anthropologie, d’histoire et d’archéologie, ainsi qu’à l’École Nationale de Formation Sociale (ENFS) de l’Université de Lomé.
Toujours dans son domaine d’expertise, Tèlé Ayawavi Djahlin est également auteure de plusieurs publications scientifiques, témoignant de son engagement pour la production et la diffusion des connaissances.
Un savoir-faire au service de causes sociales multiples
Forte d’un parcours riche et diversifié, elle met ses compétences au service de plusieurs organisations de la société civile et structures de production intellectuelle. Elle intervient notamment dans l’enseignement de l’anthropologie, l’organisation et la conduite de sessions de formation, les activités de plaidoyer, la planification, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation de projets.
Ses domaines d’intervention couvrent également la recherche et la consultation sur des problématiques majeures telles que les violences basées sur le genre, la gestion des conflits, la santé, l’éducation et l’agriculture.
Son expertise dépasse les frontières nationales. Elle collabore avec le Laboratoire d’Analyse et de Recherche Religion, Espace et Développement (LARRED) de l’Université d’Abomey-Calavi au Bénin, ainsi qu’avec le comité de rédaction de la revue scientifique Regard lucide et le Centre de Recherche Indépendant et Interdisciplinaire Congolais (CRIIC) à Kinshasa.
Par ailleurs, elle est membre active de plusieurs organisations féminines, notamment l’Action Collective pour le Développement Intégral de l’Enfant et de la Femme (ACDIEF), où elle occupe le poste de présidente du conseil d’administration, et Échange pour l’Organisation et la Promotion des Petits Entrepreneurs du Togo (ECHOPPE-Togo), dont elle est vice-présidente.
Elle apporte également son expertise en genre et en droit à l’alimentation au Réseau Africain pour le Droit à l’Alimentation, membre de l’Alliance for Food Sovereignty in Africa (AFSA).

Une vision à transmettre aux générations futures
Si elle a réussi à accomplir autant de réalisations, Tèlé Ayawavi Djahlin encourage à son tour la jeunesse à cultiver la détermination et la persévérance. « Ils doivent avoir de la détermination et de la persévérance pour atteindre leurs objectifs et ne jamais laisser la peur du jugement freiner leur épanouissement. La construction de soi nécessite beaucoup d’efforts, quel que soit le sexe et l’appartenance sociale », affirme-t-elle.
Au-delà de son rôle d’enseignante et de chercheure, Tèlé Ayawavi Djahlin met également son expertise au service des politiques publiques. Elle travaille pour le Centre africain des affaires parlementaires (ACEPA) à Accra, en collaboration avec le Centre parlementaire (CP) au Canada, en qualité de conseillère en genre et auprès des organisations de la société civile togolaise dans le cadre du projet « Des législatures inclusives pour des politiques sensibles au genre ».
Elle est également présidente nationale de la Commission africaine de la session alternative de la condition de la femme au Togo (CSWA-Togo).
Une expertise en constante évolution
Soucieuse de renforcer continuellement ses compétences, elle s’est formée en suivi-évaluation des programmes et politiques publiques dans le cadre de la gestion axée sur les résultats au Centre Autonome d’Études et de Renforcement des Capacités pour le Développement au Togo (CADERT).
Depuis 2017, elle assure le suivi de projets financés par la Banque mondiale et le Fonds International de Développement Agricole (FIDA) pour le compte du ministère de l’Agriculture au Togo, à travers la Coordination pour le suivi-évaluation par la société civile.
Pour elle, toutes ces responsabilités sont le prolongement naturel de ses convictions et de son engagement. Une philosophie qu’elle résume ainsi : « La difficulté crée l’ingéniosité. Quelle que soit la situation, il faut réfléchir, changer de mentalité et de paradigme ».
Elle se réfère également à René Char : « Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. À te regarder, ils s’habitueront ».
Nadège ADIKI



