Le Programme alimentaire mondial (PAM) a apporté des précisions concernant des informations relayées au sujet d’une prétendue alerte liée à une crise alimentaire au nord du Togo. Dans un communiqué publié le 10 juin 2026, l’institution onusienne dément avoir lancé une alerte faisant état d’une crise alimentaire au nord du Togo. Le PAM rappelle qu’il travaille en étroite collaboration avec les ministères sectoriels, les agences des Nations Unies ainsi que les partenaires techniques et financiers afin de renforcer les mécanismes de prévention et de réponse face aux risques d’insécurité alimentaire dans le pays.
Selon les résultats les plus récents du Cadre harmonisé, publiés en novembre 2025, près de 332 000 personnes pourraient se retrouver en situation d’insécurité alimentaire aiguë de phase 3 entre juin et août 2026 si aucune assistance n’était apportée. Le Cadre harmonisé constitue l’outil de référence en Afrique de l’Ouest et au Sahel pour l’analyse de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations. Il est mis en œuvre sous l’égide du Comité inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS).
Toutefois, le PAM précise que ce chiffre correspond à une projection et non à une situation observée actuellement. « Il convient de souligner que cette estimation repose sur un ensemble d’hypothèses de risque liées à la période de soudure. Elle indique qu’environ 332 000 personnes pourraient basculer dans une situation de crise alimentaire entre juin et août 2026 si aucune amélioration significative n’intervient », souligne l’organisation.
Dans le contexte sahélien, ce type de projection prend généralement en compte plusieurs facteurs, notamment l’épuisement progressif des stocks alimentaires après une campagne agricole insuffisante, la hausse saisonnière des prix des denrées de base durant la période de soudure, ainsi que les conséquences des chocs climatiques, des défis sécuritaires et des vulnérabilités socio-économiques.
Le PAM rappelle également que ses interventions au Togo couvrent plusieurs domaines, notamment l’assistance alimentaire d’urgence aux réfugiés, aux personnes déplacées et aux communautés hôtes, le soutien nutritionnel aux enfants ainsi qu’aux femmes enceintes et allaitantes, le renforcement de la résilience des communautés à travers des activités agricoles et de restauration des terres, la promotion de l’alimentation scolaire basée sur la production locale, ainsi que l’appui logistique et technique au Gouvernement dans la gestion des crises humanitaires et alimentaires.
Par ailleurs, les indicateurs les plus récents témoignent d’une évolution globalement favorable de la situation alimentaire dans le pays selon le communiqué. Ils révèlent notamment une production agricole supérieure à celle de l’année précédente et à la moyenne des cinq dernières années pour la majorité des cultures, d’importants stocks céréaliers tant au niveau institutionnel que des ménages, une baisse des prix de plusieurs denrées de base, notamment le maïs, le sorgho et le niébé, observée au 30 avril 2026, ainsi qu’une amélioration de la situation sécuritaire dans certaines localités ayant favorisé le retour progressif des populations déplacées.
Le PAM rappelle enfin que les projections du Cadre harmonisé reposent sur l’hypothèse d’une absence de réponse permettant d’atténuer les risques identifiés. Or, au Togo, le Gouvernement et ses partenaires, dont le PAM, mettent en œuvre une réponse coordonnée associant assistance d’urgence, soutien aux moyens de subsistance, amélioration de la production agricole, accès aux services sociaux de base et renforcement de la cohésion sociale.
Cette stratégie est déployée dans le cadre du Programme d’urgence pour le renforcement de la résilience (PURS), avec pour objectif de prévenir toute dégradation de la situation alimentaire et de renforcer la résilience des populations les plus vulnérables.
Nadège ADIKI



