À Lomé, le Réseau des Femmes de l’Enseignement Supérieur du Togo (ReFEST) poursuit son engagement en faveur de l’égalité de genre. Du 8 au 10 avril 2026, l’organisation tient un colloque international autour du thème : « Genre et développement : mythe ou réalité ? ». Une initiative qui s’inscrit dans la continuité de ses actions en faveur de l’équité et de la visibilité des femmes dans le milieu universitaire.
Pensée comme un espace de réflexion critique et pluridisciplinaire, cette rencontre ambitionne d’interroger la prise en compte effective du genre dans les politiques et processus de développement. Chercheurs, experts, étudiants et acteurs sociaux y croisent analyses scientifiques, expériences de terrain, études de cas et données empiriques, afin de mieux cerner les enjeux contemporains. Plusieurs personnalités ont honoré de leur présence la cérémonie d’ouverture, notamment Dr Ama Dzifa Gameti, directrice de cabinet du ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, la présidente de l’Université de Kara, Professeure Grâce Prénam Houzou-Mouzou, ainsi que le premier vice-président de l’Université de Lomé, Professeur Komlan Batawila.


« Ce colloque vise à montrer que les femmes universitaires entendent pleinement prendre part aux débats sur le genre. Nous ne voulons plus rester en retrait »
Malgré les avancées, l’égalité réelle reste un objectif à atteindre. La question de la sous-représentation des femmes dans l’enseignement supérieur a notamment été soulevée. À travers ce colloque, les organisatrices entendent aussi mettre en lumière les obstacles persistants et encourager une plus grande participation féminine dans les sphères académiques.
« Ce colloque vise à montrer que les femmes universitaires entendent pleinement prendre part aux débats sur le genre. Nous ne voulons plus rester en retrait », affirme Dr Lassey Agnélé, présidente du ReFEST. Elle souligne également les actions de sensibilisation menées dans les établissements scolaires pour encourager les jeunes filles à s’orienter vers l’enseignement supérieur. « Il est essentiel qu’elles comprennent que cet univers n’est pas exclusivement masculin et que les femmes y ont toute leur place », ajoute-t-elle.

La cérémonie d’ouverture a été marquée par une conférence inaugurale consacrée aux inégalités de genre dans les secteurs culturels et créatifs, suivie de travaux en ateliers. Durant trois jours, les participants explorent les mécanismes par lesquels les inégalités influencent le développement, notamment en matière d’accès aux ressources, de santé, d’éducation et de participation politique et économique.

Le colloque se veut également un cadre d’échanges pour déconstruire les stéréotypes liés au genre, à partir de résultats de recherches récentes, tant au niveau national qu’international. Il offre en outre l’opportunité d’évaluer les politiques sensibles au genre, d’en mesurer les impacts, les limites et les conditions d’efficacité, tout en favorisant l’émergence de stratégies innovantes et inclusives.
Créé en 2019, le ReFEST voit dans cet événement l’aboutissement de plusieurs années d’engagement. Au-delà des débats, il traduit une ambition claire : celle de faire des femmes de l’enseignement supérieur des actrices incontournables dans la réflexion et la construction du développement des sociétés.
Nadège ADIKI



