La santé menstruelle constitue un facteur essentiel du bien-être et de la performance des athlètes féminines. Consciente de cette réalité, l’association Djila a organisé, ce jeudi 25 juin 2026 à Lomé, une session de formation à l’intention d’une trentaine de coachs et d’encadreurs sportifs. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet « Briser le tabou des menstrues dans le sport », soutenu par l’UNFPA Togo ( (Fonds des Nations Unies pour la population), l’organisation Passaï et la Fédération Togolaise de Football (FTF). Portée par Edwige Apedo, présidente fondatrice de l’association Djila, cette journée de renforcement de capacités vise à fournir aux participants des connaissances scientifiques et pratiques leur permettant d’accompagner plus efficacement les sportives.
Malgré les avancées observées ces dernières années, les menstruations demeurent encore un sujet sensible dans de nombreuses communautés et familles. Beaucoup de jeunes filles éprouvent des difficultés à en parler ouvertement, notamment dans le milieu sportif où les échanges avec les entraîneurs restent souvent limités. À cela s’ajoute une méconnaissance du cycle menstruel et de ses effets sur les performances sportives, ce qui peut avoir des répercussions sur leur pratique.
« Depuis 2025, nous avons décidé de former les sportives afin qu’elles puissent mieux comprendre leur cycle menstruel et l’intégrer dans la gestion de leurs performances. À l’issue de ces premières séances, nous avons constaté que les encadreurs et entraîneurs ne comprenaient pas toujours les réalités vécues par les jeunes filles. C’est pourquoi nous avons choisi, cette année, de les former à leur tour afin qu’ils disposent d’outils leur permettant de mieux suivre les athlètes qu’ils encadrent et d’adapter leurs choix en fonction des différentes périodes du cycle menstruel », a expliqué Edwige Apedo.

Placée sous le thème « Cycle et performance : comprendre pour mieux entraîner », la formation a abordé plusieurs thématiques. Parmi elles figurent « Le cycle menstruel, un allié pour la performance », qui a permis aux participants de mieux comprendre les différentes phases du cycle, leurs effets sur l’organisme ainsi que l’impact des variations hormonales sur l’énergie et la récupération.
Les entraîneurs ont également été sensibilisés à travers la thématique « Santé menstruelle, dignité et autonomie des sportives », axée sur les enjeux de la santé menstruelle dans le sport féminin, les bonnes pratiques d’hygiène et les moyens de contribuer à la levée des tabous. Une troisième session, intitulée « Du vestiaire au terrain : briser les tabous en club », a complété les échanges.
Pour Ingrid Kengne Tegue, gynécologue-obstétricienne et spécialiste en santé sexuelle et reproductive/genre, cette initiative répond à un besoin réel.
« Lorsque l’entraîneur comprend les différentes phases du cycle menstruel de ses joueuses, il peut mieux adapter son encadrement et optimiser leurs performances. Le choix de l’association Djila de faire du sport un levier d’autonomisation des filles est particulièrement pertinent. Nous appelons tous les acteurs susceptibles de soutenir cette initiative à contribuer à sa réussite afin qu’elle puisse s’étendre au-delà de Lomé et toucher les autres régions du pays. Partout où une jeune fille pratique une activité sportive, elle mérite d’être accompagnée par des entraîneurs sensibilisés à ces questions », a-t-elle souligné.
À l’issue de la formation, chaque entraîneur ou entraîneuse est appelé(e) à élaborer des outils de suivi adaptés à sa discipline, à son club ou à sa fédération. L’association Djila assurera un accompagnement afin de veiller à la mise en œuvre effective de ces outils.
Engagée dans les domaines du sport, du développement, des droits humains et de la cohésion sociale, l’association Djila œuvre également pour l’autonomisation et l’épanouissement des femmes et des filles.
Nadège ADIKI



