Les Négresses Féministes (NF) lancent une campagne digitale et médiatique d’envergure nationale dans le cadre du projet Fafa Act. Soutenu par Equipop et l’Agence française de développement (AFD), avec Wetri Care comme marraine fiscale, ce projet s’inscrit dans une initiative régionale visant à renforcer les engagements féministes autour des questions de Femmes, Paix et Sécurité (FPS) et Jeunes, Paix et Sécurité (JPS) en Afrique de l’Ouest et au Sahel.
À travers son objectif spécifique 2, Fafa Act ambitionne de redynamiser les luttes féministes et de renforcer les engagements individuels et collectifs en faveur des agendas FPS et JPS au Togo. La campagne vise ainsi à accroître la visibilité, la reconnaissance et l’influence des femmes et des féministes dans les processus de consolidation de la paix. Sa mise en œuvre s’étendra sur deux mois : un mois consacré à la préparation et un autre dédié au déploiement des activités.
Destinée aux jeunes, aux acteurs et actrices de la société civile, aux décideurs politiques et institutionnels, aux médias, aux leaders d’opinion ainsi qu’au grand public togolais, cette campagne reposera sur un ensemble d’actions complémentaires. Elle combinera la production de contenus, leur diffusion sur plusieurs canaux de communication et la création d’espaces d’échanges. L’objectif est de toucher des publics variés, aussi bien sur les plateformes numériques que par le biais des médias traditionnels, afin de susciter un véritable débat autour des enjeux liés aux agendas FPS et JPS.

Pour Les Négresses Féministes, cette initiative répond à la nécessité de combler le fossé entre l’engagement réel des femmes et des jeunes sur le terrain et leur faible visibilité dans les instances de décision. Elles s’appuient notamment sur le rapport WANEP-Togo 2025, qui souligne que les femmes et les jeunes constituent les principaux piliers de la médiation locale, même si leur influence demeure limitée dans les sphères décisionnelles.
L’organisation évoque également les résultats d’une étude d’Afrobarometer sur le harcèlement sexuel et les discriminations à l’égard des femmes et des jeunes filles au Togo. Selon cette enquête, bien que 79 % des Togolais se déclarent favorables à l’égalité entre les sexes, plus de la moitié (52 %) estiment que l’engagement public des femmes les expose davantage au harcèlement. Pour Les Négresses Féministes, ces constats mettent en évidence la nécessité de repenser les stratégies de mobilisation afin de renforcer l’efficacité des agendas FPS et JPS.
« Dans notre pays, la cohésion sociale repose fortement sur l’engagement quotidien des femmes et des jeunes. Que ce soit dans la prévention des tensions communautaires, la médiation des conflits fonciers ou la lutte contre l’extrémisme violent dans la région des Savanes, ils et elles jouent un rôle essentiel dans la préservation de la paix. Cependant, cet engagement reste souvent invisible dans les espaces de décision, malgré son impact réel sur le terrain. Le numérique devient un outil clé pour rendre visibles ces actions, valoriser les engagements et encourager une plus grande participation citoyenne », soulignent Les Négresses Féministes.
Adoptant une approche participative et ancrée dans les réalités locales, la campagne ne se limitera pas à la diffusion d’informations. Elle entend également donner la parole aux personnes engagées, valoriser leurs expériences et favoriser les échanges entre les différentes parties prenantes. Les contenus mettront en lumière des parcours, des témoignages et des initiatives concrètes à travers des messages accessibles et adaptés aux différents publics. Leur diffusion sera assurée aussi bien sur les plateformes numériques que dans les médias classiques afin d’atteindre le plus grand nombre.

Pour les activités prévues à l’intérieur du pays, Les Négresses Féministes collaboreront avec plusieurs associations féministes, notamment Tchowoure, ainsi qu’avec les militantes issues des différentes régions du Togo et actuellement membres du réseau Fafa Act, créé à l’issue du Feminist Workshop organisé en avril dernier. Ces partenaires contribueront à la mobilisation communautaire, à l’organisation des émissions radiophoniques et à l’adaptation des messages aux réalités socioculturelles ainsi qu’aux langues locales. Cette collaboration permettra de renforcer la proximité avec les communautés, de mieux prendre en compte leurs réalités et de rendre la campagne plus vivante, plus pertinente et davantage ancrée dans le quotidien des populations.
Nadège ADIKI



