Lorsqu’il s’agit de violations des droits humains en entreprise, les femmes et les filles sont les plus exposées. Le projet EP2F « Les Entreprises s’engagent pour la Protection des Femmes et des Filles », financé par l’Union européenne et mis en œuvre dans les régions Kara, Centrale, Plateaux et Maritime, veut promouvoir la Responsabilité Sociale des Entreprises en matière de respect des droits des femmes et des filles en accompagnant les entreprises. À cet effet, il était indispensable de disposer de données sur les pratiques en matière de RSE liées aux droits des femmes et des filles, notamment en ce qui concerne les forces, les innovations ainsi que les besoins en renforcement, tant au niveau des entreprises que des organisations de la société civile. C’est dans cette dynamique que s’est tenu à Lomé, ce mardi 23 juin 2026 à l’hôtel Concorde, un atelier de validation de l’étude de base.
Cet atelier avait donc pour objectif de valider de manière participative le rapport de l’étude de base de ce projet, afin de garantir son appropriation par les parties prenantes et d’en renforcer la pertinence pour la mise en œuvre des actions en faveur de la protection des droits des femmes et des filles dans le secteur privé. Organisé par le consortium CARE Bénin-Togo, Nouvelles Alternatives pour le Développement Durable en Afrique (NADDAF) et le Groupe de réflexion et d’action Femme, Démocratie et Développement (GF2D), cette rencontre a vu la participation du chef de la coopération, Nicollo Maracchi; de Mme Arouna Roshanian, chargée de programme de l’Union européenne; des ministères; des services déconcentrés de l’État; des Organisations de la Société Civile (OSC); des organisations syndicales; des organisations patronales et professionnelles; des responsables d’entreprises; des présidents du réseau des OSC ainsi que des journalistes engagés sur le projet.


Menée dans les régions Kara, Centrale, Plateaux et Maritime, cette étude a permis de faire l’état des lieux de la RSE en lien avec les droits des femmes et des filles, une étude de Connaissances, Attitudes et Pratiques à l’endroit des femmes et filles travailleuses, une étude de capacités auprès des OSC et enfin une étude sur la situation de référence des indicateurs du projet. Elle a touché 320 chefs et cheffes d’entreprises, responsables des ressources humaines et points focaux RSE des entreprises, 320 femmes et filles travaillant dans ces entreprises et 55 Organisations de la Société Civile.
En termes de résultats, l’analyse globale de l’état des dispositifs RSE montre que 65,0 % des entreprises ne disposent d’aucun dispositif RSE formalisé, contre 31,6 % qui sont simplement engagées et 3,4 % en progression. Aucune entreprise n’atteint les niveaux « Mature » ou « Exemplaire ». Par rapport à l’étude CAP, il ressort que 81,8 % connaissent très bien leurs droits mais seulement 18,6 % se sentent en mesure de les revendiquer s’ils sont brimés. Quant à la capacité des OSC, les résultats montrent qu’elles sont fortes en mobilisation, faibles en plaidoyer, dialogue, documentation et sauvegarde, et très limitées par le financement.
À l’issue de cette étude, des recommandations ont été formulées. Pour les entreprises : accompagner les entreprises, en particulier les TPE et PE, dans la mise en place d’un socle minimal de gouvernance RSE ; renforcer l’intégration des droits humains dans la stratégie des entreprises.

Pour ce qui est des droits des femmes et des filles, il est recommandé de rendre explicite l’engagement des entreprises en faveur des femmes et des filles, sécuriser les dispositifs de recours pour les travailleuses, intégrer le genre dans les outils de gestion RH, entre autres, développer des mécanismes de suivi et d’amélioration continue.
Pour les OSC, les former à la RSE, renforcer leurs capacités en plaidoyer auprès des entreprises et outiller leur rôle d’appui-conseil aux entreprises, les pourvoir en outils standardisés de documentation des cas, mettre en réseau et assurer le mentorat par les 6 OSC avancées, former les OSC à la recherche de financements, octroyer des financements.
Après les travaux de groupe, le document a été validé sous réserve de la prise en compte des observations.
Le projet EP2F veut amener les entreprises, peu importe leur taille et leurs domaines d’intervention, à améliorer leurs pratiques et politiques pour créer des espaces de travail sûrs et inclusifs. Aussi, le projet veut renforcer les capacités techniques des organisations de la société civile afin qu’elles puissent jouer pleinement leur rôle de mobilisation sociale, de sensibilisation, d’éveil et de plaidoyer sur cette thématique.



