Dans le cadre de la célébration de son 25e anniversaire, l’Association des Femmes Chefs d’Entreprises du Togo (AFCET), avec l’appui de la société SICPA, a organisé une conférence-débat ce mardi 16 juin 2026 à Lomé. Placée sous le thème « Les entreprises féminines à l’ère du numérique et du digital », cette rencontre visait à offrir un cadre d’échanges et de réflexion sur les opportunités, les défis et les perspectives qu’offre la transformation numérique aux entreprises dirigées par des femmes.
La rencontre a réuni des femmes entrepreneures ainsi que plusieurs acteurs engagés dans la promotion de l’entrepreneuriat féminin et du développement économique. Trois personnalités ont animé les échanges : Bélinda Lawson-Betum, cheffe marketing et communication de Cyber Defense Africa ; Mélissa Sama, présidente de la Confédération des Juniors Entreprises du Togo (CJET) ; et Kayi Mivedor, députée à l’Assemblée nationale et ancienne ministre du Commerce.

Les discussions ont principalement porté sur la digitalisation des entreprises, la cybersécurité et la structuration des modèles économiques à l’ère du numérique. Les panélistes ont souligné que, malgré leurs compétences reconnues en gestion et leur capacité à mener plusieurs tâches simultanément, les femmes demeurent sous-représentées dans certains secteurs particulièrement rentables, souvent en raison des contraintes liées aux responsabilités familiales.
Les intervenantes ont mis en avant les nombreuses opportunités qu’offrent aujourd’hui le numérique et l’intelligence artificielle. Parmi elles figure notamment la possibilité de recourir à des agents conversationnels intelligents capables de répondre aux clients en l’absence de l’entrepreneure, lui permettant ainsi de mieux concilier activités professionnelles et obligations personnelles.
« Aujourd’hui, nous sommes à l’ère de l’intelligence artificielle et toute personne qui veut acquérir les compétences de demain doit maîtriser les outils numériques et comprendre leur fonctionnement. Ce sont des initiatives à forte valeur ajoutée que chacun d’entre nous doit connaître et explorer. Nous ne pouvons plus fonctionner sans l’IA ; elle est devenue à l’industrie ce que l’électricité est à la transformation industrielle », a déclaré Bélinda Lawson-Betum.
Pour sa part, Mélissa Sama a insisté sur le caractère incontournable de la digitalisation pour toute entreprise souhaitant rester compétitive.
« La digitalisation n’est plus un luxe, mais une nécessité. Même une femme entrepreneure peu instruite peut aujourd’hui vendre au-delà des frontières grâce à l’intelligence artificielle et aux outils numériques. La première étape est donc la prise de conscience. Ensuite vient la préparation, car l’IA doit être entraînée pour répondre efficacement aux besoins de l’entreprise. Il faut accompagner ces femmes en tenant compte de leur activité, de leur niveau d’instruction et de leurs besoins spécifiques. Comme toute compétence, l’utilisation de ces outils nécessite une formation », a-t-elle expliqué.
Au-delà de la célébration, ce jubilé d’argent constitue également un moment de réflexion sur les défis qui attendent les femmes entrepreneures au cours des prochaines années. Parmi les enjeux identifiés figurent la digitalisation des entreprises, l’innovation, l’accès aux marchés, le financement, la compétitivité et la transition écologique.
Pour Annie Goncalves Gbadoe, présidente de l’AFCET, ces 25 années d’existence doivent également permettre à l’association d’élargir davantage son champ d’action.
« Vingt-cinq ans, c’est un parcours important. Nous espérons que cette conférence mobilisera davantage de femmes qui nous rejoindront bientôt. Nous voulons aller à la rencontre d’autres femmes entrepreneures, notamment au sein des coopératives, afin de les accompagner vers le secteur formel. Nous sommes présents sur l’ensemble du territoire, mais nous n’avons pas encore suffisamment de structures dans les zones rurales. Avec l’appui de nos partenaires, nous comptons progressivement nous rapprocher de ces groupements de femmes afin de les intégrer à notre dynamique », a-t-elle souligné.

Point d’orgue des célébrations, un hommage sera rendu aux pionnières de l’association, aux anciennes présidentes, aux membres, partenaires et institutions qui ont contribué à son rayonnement au cours des vingt-cinq dernières années.
Cette commémoration se veut également un symbole de transmission entre générations, saluant le courage de ces femmes qui ont su surmonter de nombreux obstacles pour entreprendre et inspirer celles qui leur succèdent.
Nadège ADIKI



