« Nous ne voulons pas seulement survivre, nous voulons contribuer au développement de nos communautés. » À travers ce message fort, les femmes et filles réfugiées ont porté un plaidoyer en faveur de leur inclusion socio-économique à l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, célébrée le 26 juin 2026 à Dapaong. Réunies dans un espace d’écoute et d’échanges initié par l’association TCHOWOURÈ, elles ont partagé leurs réalités, exprimé leurs aspirations et appelé les autorités administratives de la région des Savanes à investir davantage dans leur autonomisation.
Cette rencontre, organisée avec le soutien d’Equipop et de CARE Bénin/Togo à travers le projet « Féministes en Action », financé par l’Agence française de développement (AFD) et du REFED , visait à renforcer la solidarité entre les participantes, promouvoir la cohésion sociale et favoriser leur confiance en elles.
Au-delà des témoignages, cette journée a surtout permis aux femmes et filles réfugiées de faire entendre leur voix. Au nom de ses consœurs, Ouaba Sephora Irène a livré un message empreint d’émotion et d’espoir.
« Derrière chaque réfugiée se cache une histoire marquée par l’exil, les pertes et les épreuves. Pourtant, nous refusons d’être vues uniquement à travers notre vulnérabilité. Nous sommes aussi des femmes courageuses, des mères, des commerçantes, des étudiantes et des actrices du développement », a-t-elle déclaré.
Les participantes ont saisi cette tribune pour remercier les autorités togolaises, l’association Tchowourè ainsi que l’ensemble des partenaires pour leur accueil, leur solidarité et leur accompagnement depuis leur arrivée.

Cependant, elles ont rappelé que plusieurs défis persistent. Parmi leurs principales préoccupations figurent la poursuite de la scolarité, l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive, le renforcement de l’accompagnement psychosocial, la prévention des violences basées sur le genre (VBG), ainsi que l’accès aux formations professionnelles, aux financements pour les activités génératrices de revenus et à des mécanismes de protection adaptés aux femmes et aux filles les plus vulnérables.
Pour les réfugiées, leur démarche dépasse la simple assistance humanitaire.
« Notre plaidoyer n’est pas un appel à l’assistance permanente. C’est un appel à l’investissement dans notre potentiel. Nous ne voulons pas seulement survivre ; nous voulons apprendre, entreprendre, travailler, contribuer au développement de nos communautés et offrir un avenir meilleur à nos enfants. Lorsqu’une femme réfugiée devient autonome, c’est toute une famille qui avance », a souligné Ouaba Sephora Irène, porte-parole des femmes et filles réfugiées de la région des Savanes.


Présidant la rencontre au nom du gouverneur de la région, Kégbéro Latifou, secrétaire général du gouvernorat, a salué la résilience et le courage des participantes. Il a réaffirmé l’engagement des autorités à poursuivre les efforts en faveur de leur accompagnement et a félicité l’association Tchowourè pour cette initiative en faveur de l’inclusion des femmes réfugiées.

Le forum a également été marqué par la contribution remarquable du Réseau des Femmes pour le Développement (REFED), dont les interventions ont enrichi les échanges et renforcé la qualité des discussions. Par ses apports, le REFED a contribué à faire de cet espace un cadre d’écoute, de dialogue et de partage particulièrement bénéfique, tout en soulignant l’importance d’une approche concertée pour favoriser l’inclusion et l’autonomisation des femmes réfugiées.
La journée a également été rythmée par des panels de discussion, des sketchs de sensibilisation et des activités récréatives favorisant les échanges et le vivre-ensemble. Autant de moments qui ont permis aux participantes d’exprimer leur reconnaissance envers les communautés d’accueil et de renforcer les liens avec leur environnement.
À travers ce plaidoyer, les femmes et filles réfugiées appellent les autorités et les partenaires à investir davantage dans leur autonomisation afin qu’elles puissent s’intégrer durablement dans la vie socio-économique de leurs communautés d’accueil. Une ambition qui rejoint la vision de l’association Tchowourè : bâtir une société où toutes les femmes jouissent pleinement de leurs droits et participent, sur un pied d’égalité, au développement.
Eugenie GADEDJISSO TOSSOU



