La Carte Communautaire de Performance (CCP) était au cœur d’un atelier de renforcement des capacités organisé dans le cadre du projet EP2F « Les Entreprises s’engagent pour la Protection des Femmes et des Filles ». Pendant trois jours, du 28 au 30 juillet 2026, les partenaires du projet ont approfondi leur compréhension de cet outil de redevabilité sociale. Mis en œuvre par un consortium composé de CARE France, CARE Bénin/Togo, GF2D et NADDAF, avec l’appui financier de l’Union européenne, le projet ambitionne de promouvoir un environnement professionnel plus sûr et plus respectueux des droits des femmes et des filles. La formation avait pour objectif de permettre aux participants de mieux maîtriser l’approche CCP afin de renforcer le dialogue entre les parties prenantes et la redevabilité sociale.
Mais au fond, qu’est-ce que la CCP ? Voici quatre éléments essentiels à retenir, selon Zull-Kiff ASSOUMANOU, facilitateur de la formation.

- La CCP est un outil de redevabilité sociale
La Carte Communautaire de Performance est avant tout un outil de redevabilité sociale. Elle permet de rapprocher les prestataires de services et les bénéficiaires autour d’un même objectif : améliorer la qualité des services rendus. En favorisant l’écoute mutuelle et la transparence, la CCP encourage chaque acteur à assumer ses responsabilités et à contribuer à des solutions durables.
- La CCP est un outil d’évaluation participative des services
La particularité de la CCP réside dans son approche participative. Elle repose sur l’interaction entre deux acteurs clés : les porteurs de redevabilité, c’est-à-dire les structures ou institutions qui fournissent un service, et les détenteurs de droits, autrement dit les bénéficiaires de ce service.
À travers une évaluation croisée, chaque partie partage sa perception, identifie les forces et les insuffisances du service concerné et contribue à une compréhension commune des défis à relever.
- La CCP crée des espaces de dialogue pour construire des solutions
L’objectif de la CCP n’est pas de dresser un procès des prestataires, mais de favoriser le dialogue. En réunissant les prestataires et les bénéficiaires autour d’une même table, elle permet d’identifier les préoccupations de chacun, de rechercher un consensus et de définir un plan d’actions conjoint pour améliorer les services.
Cette démarche renforce la confiance entre les parties prenantes et favorise une collaboration durable au bénéfice de tous.
- Dans le projet EP2F, la CCP renforcera la protection des femmes et des filles en entreprise
Dans le cadre du projet EP2F, la CCP constitue un levier essentiel pour instaurer des cadres de dialogue inclusifs. Elle permettra de réunir les structures étatiques, les organisations de la société civile, le patronat, les syndicats ainsi que les chefs d’entreprise afin d’échanger sur les enjeux liés à la protection et à la promotion des droits des femmes et des filles en milieu professionnel.
Cette approche favorisera l’identification des difficultés rencontrées, la co-construction de solutions adaptées et le suivi des engagements pris par les différents acteurs pour créer des environnements de travail plus sûrs, inclusifs et respectueux des droits des femmes.
Ce que la CCP n’est pas
Au cours de l’atelier, les facilitateurs ont également rappelé deux principes fondamentaux.
La CCP n’est pas un outil de conflit. Elle ne vise ni à opposer les parties prenantes ni à créer des tensions entre elles. Au contraire, elle privilégie le dialogue, la concertation et la recherche de solutions communes.
Elle n’est pas non plus un outil destiné à indexer ou à stigmatiser des individus ou des institutions. Son objectif est d’améliorer les services grâce à un processus participatif, fondé sur la confiance, la responsabilité partagée et l’engagement collectif.
À travers cette formation, les partenaires du projet EP2F disposent désormais d’une meilleure compréhension de la Carte Communautaire de Performance et de son potentiel pour accompagner la mise en place de mécanismes de redevabilité favorisant le respect des droits des femmes et des filles en milieu professionnel.
Eugenie GADEDJISSO T ABOA



