Chantre, épouse et professionnelle du secteur bancaire, Délali Kpotufe épouse Ayih est une femme aux multiples talents. Passionnée de musique, de danse, de lecture et d’écriture, elle allie foi, carrière et art avec grâce. Née dans une famille modeste et polygame à Tsévié, elle s’est engagée très tôt dans une chorale, et s’est rapidement démarquée par sa voix, son charisme et son engagement. Ceci lui a permis de développer ses talents musicaux. Résiliente et polyvalente, elle a su faire de chaque défi une opportunité de croissance. Aujourd’hui, elle poursuit sa vocation musicale et annonce la sortie de son second titre gospel, Vosalagan ce 15 décembre. Dans cette interview, elle revient sur son parcours, ses inspirations et sa passion pour le chant religieux.
Présentez-vous à nos lectrices et lecteurs
Délali Kpotufe: Je suis Délali KPOTUFE, épouse AYIH. Je suis Alumni du Mandela Washington Fellowship 2019 et j’ai reçu le 3ᵉ prix de Meilleur Volontaire National de l’ANVT en 2021. Je travaille actuellement dans le secteur bancaire. En parallèle, je suis passionnée de musique, de danse, de lecture et d’écriture.
J’ai coécrit un ouvrage en 2023, en pleine période de Covid-19, intitulé « Que faire face aux situations de crise ? À l’école du Leadership et de l’Innovation ». Côté musique, j’ai déjà sorti un premier single, Fia Kuku (The Crown), disponible sur YouTube et je m’apprête à lancer le second, Vosalagan, ce 15 décembre 2025.
J’ai grandi dans une famille très modeste et polygame, dans la ville de Tsévié. C’est là que tout a commencé. Au milieu des défis de la vie, souvent affrontés seule, il a fallu faire preuve d’audace pour poursuivre mes rêves. La foi, la détermination, et le choix assumé de l’excellence et de l’abstinence sexuelle m’ont permis de « sortir du lot » et de forger une personnalité et un état d’esprit tournés vers la réussite.
J’ai eu la grâce d’obtenir très jeune, à l’âge de 17 ans, mon BAC II, porte d’entrée vers l’université. Passionnée par la langue de Shakespeare et animée par le rêve de devenir interprète assermentée, je me suis inscrite en 2011 au département d’anglais de l’Université de Lomé, où j’ai obtenu une Licence en littérature africaine et plus tard, un BTS en Assistanat de gestion à l’École Supérieure des Affaires (ESA) en 2018.
En parallèle à mes études et par besoin d’autonomie financière, j’ai travaillé dans une buvette, faute de soutien parental. Puis, par la grâce de Dieu, j’ai trouvé un autre emploi en tant que gérante de cybercafé. Ces expériences m’ont appris la valeur de l’effort et m’ont permis de prendre plusieurs initiatives pour investir en moi et construire mon avenir.
J’ai participé à plusieurs programmes internationaux notamment YALI RLC Accra Alumni 2017 (GIMPA – Accra), Mandela Washington Fellow 2019. En 2021, j’ai eu l’honneur de recevoir le 3e prix du Meilleur Volontaire National de l’ANVT.
Professionnellement, j’ai eu l’opportunité de servir dans plusieurs entreprises et organisations, guidée par cette citation de Kingsley Ward : « Ose rêver. Ose essayer. Ose te tromper. Ose réussir. Vas-y. Je te lance un défi. » Ce long parcours, parsemé de défis, m’a permis de toucher à divers domaines et de développer une forte capacité de résilience et de polyvalence, des qualités que je mobilise aujourd’hui dans tout ce que j’entreprends notamment ma carrière musicale.
Il faut aussi souligner que le chant a toujours été un fil conducteur dans ma vie, porté par l’orientation et le soutien fidèle de Dieu. La sagesse du Saint-Esprit, mon ami de tous les temps, m’a éduquée, guidée et fortifiée.
À quel moment précis avez-vous compris que vous aviez un appel pour la musique chrétienne ?
Délali Kpotufe: Depuis toute petite, j’ai toujours aimé chanter. À 14 ans, j’ai intégré la chorale de mon église, où j’ai commencé à développer mes talents en chant et en danse. Mais au-delà de cette passion, c’est dans les moments de défis que j’ai réalisé quelque chose de plus profond : Dieu me parle souvent à travers les chants. À l’époque, je ne comprenais pas encore que ce fussent les prémices d’un appel qui se dessinait peu à peu.
Le tournant s’est produit en 2024, lors d’un temps de retraite spirituelle personnelle. Ce jour-là, j’ai reçu dans mes prières une confirmation claire par rapport à la musique comme instrument de Dieu pour bénir des vies. C’est à partir de ce moment, que mon engagement musical en tant qu’artiste a réellement commencé. Peu à peu, les pièces du puzzle se sont mises en place, avec des orientations divines plus claires vers la fin de l’année 2024. Cela nous a conduits, en mai dernier, à la sortie de mon tout premier single intitulé #FIA KUKU.

Vous avez mentionné que vous avez commencé très jeune dans la chorale ; quels souvenirs gardez-vous de cette période ?
Délali Kpotufe: Oui, tout à fait. Je garde des souvenirs très précieux, comme si c’était hier. En 2006, lors d’une visite un soir à l’église, alors que les choristes répétaient, j’ai été profondément marquée et poussée à rejoindre ce groupe d’adultes, alors que je n’étais encore qu’une adolescente. Très vite, je me suis intégrée et j’ai bénéficié d’un encadrement de qualité. Je me rappelle de mon aisance à chanter en soprano, de mon rôle de soliste lors de certaines répétitions, et des moments de culte où j’étais parfois désignée pour diriger la chorale « Mawufe Nuse » (« La puissance de Dieu ») en tant que cheffe de chœur. Je me souviens aussi de ma participation à l’enregistrement de certains chants chorals.
Vous avez évoqué dans l’une de vos vidéos des chants que Dieu vous donnait pendant des périodes difficiles ; comment se manifeste pour vous cette inspiration spirituelle ?
Délali Kpotufe: Dieu est souverain dans la transmission des chants. Souvent, pendant des moments d’adoration intense, de prière ou de prédication inspirée, il m’arrive de commencer à chanter spontanément des paroles, suivant un rythme donné, sans que les mots aient été écrits auparavant. Parfois, il s’agit juste d’un refrain ou d’un couplet d’un chant ancien ou futur que Dieu m’aide ensuite à enrichir avec d’autres paroles. C’est à moi de discerner que cette nouvelle inspiration est une continuité logique d’un chant existant, afin de l’arranger et de l’adapter pour créer un contenu qui porte une véritable essence biblique.
Parfois, c’est une chanson entière que je reçois, comme #VOSALAGAN, ou simplement une mélodie qui m’inspire à y mettre des paroles. C’est précisément vers cet art de la composition que le Seigneur veut aujourd’hui me guider.
Vous êtes monitrice de l’école du dimanche, intercesseuse, missionnaire et engagée dans le discipolat aux côtés de votre époux ; comment conciliez vous ces différents services ?
Délali Kpotufe: Je reconnais que ce n’est pas toujours facile, mais il y a un temps pour tout. Tout repose beaucoup sur une bonne planification, la délégation des responsabilités, et l’adaptation aux différentes saisons de la vie, sans se mettre trop de pression. Ce qui m’aide surtout, c’est de prioriser mes activités en me rappelant que « tout est important, mais tout n’est pas urgent ». Je veille particulièrement à mon bien-être physique, car c’est mon principal outil dans le service que Dieu m’a confié. Pour gérer la vie de couple et le développement de nos appels respectifs, la communication et les compromis sont essentiels. Je tiens aussi à remercier mon époux, qui est mon premier supporter.

Votre nouveau morceau « Vosalagan », pourquoi ce titre et quel message central voulez-vous transmettre ?
Délali Kpotufe: Jésus est le grand sacrificateur par excellence, celui qui s’est offert une fois pour toutes comme sacrifice parfait, rachetant l’humanité du poids du péché. Dieu nous rappelle que tout est accompli à travers ce sacrifice ultime. Croire en lui ouvre les portes aux richesses spirituelles qu’il cache. Beaucoup ignorent encore qui est vraiment Jésus. C’est le message principal de ce chant. On nous dit souvent que certaines choses sont impossibles, qu’elles n’existent pas ou qu’elles ne changeront jamais. Mais Jésus est fidèle, et c’est précisément pour cela qu’il a fait ce sacrifice. Sais-tu comment Isaac a semé à Guérar en pleine sécheresse et récolté en abondance ? Le secret est dans « Vosalagan ».

Avez-vous rencontré des défis ou des résistances avant de rendre vos chants publics ? Si oui, lesquels ?
Délali Kpotufe: Bien sûr, les défis sont nombreux. Je pense notamment à l’indécision, quand une partie de vous ou de vos proches semble dire que ce n’est pas encore le bon moment. Il y a aussi les questions de ressources et les difficultés techniques. Par exemple, j’ai perdu trois fois de suite mes téléphones sur lesquels j’enregistrais mes chansons, ce qui m’a obligée à tout recommencer à zéro, notamment le travail de traitement audio. Cela a été très décourageant, mais je continue avec foi et persévérance.
Quel impact espérez-vous que « Vosalagan » aura sur la communauté chrétienne ?
Délali Kpotufe: « Vosalagan » est un retour à l’essentiel, aux fondements de la vie chrétienne : la mort et la résurrection de Jésus, le sceau de la nouvelle alliance avec Dieu. Mieux connaître Jésus-Christ et croire en la puissance cachée dans son sacrifice est le secret d’une vie extraordinaire sur terre.
Avec « Vosalagan », l’impossible devient possible, l’invisible prend forme. On vous a-t-il déjà dit que c’était impossible, que ça n’arrive jamais ? Prenez cette chanson comme un pilier de votre foi. En confessant « Vosalagan », vous vivrez l’expérience d’Isaac à Guérar et apprendrez à mieux connaître Jésus, le faiseur de miracles durables.
Comment votre époux ou votre famille vous soutiennent-ils dans votre ministère ?
Délali Kpotufe: Mon époux et ma famille sont mes premiers fans et mes plus grands soutiens. Ils sont une véritable bénédiction de Dieu dans ma vie, et je leur en suis profondément reconnaissante. Quant à ma famille biologique et spirituelle, je sais que je peux toujours compter sur leur soutien.
Comment voyez-vous votre ministère évoluer dans les prochaines années ?
Délali Kpotufe: Plusieurs projets sont en perspectives pour les années à venir. Nous les déroulerons au fur et à mesure. Nous participerons à des campagnes d’évangélisation, prierons pour les nations, et irons là où le Seigneur nous guidera pour porter sa parole à l’humanité. Si Dieu nous accorde les moyens, de nouvelles chansons verront le jour pour sa gloire. Nous lancerons bientôt le « Market Worship », une initiative pour être encore plus proche du public.
Quel message aimeriez-vous adresser aux femmes qui ont reçu un appel mais hésitent encore à se lancer ?
Délali Kpotufe: Ce que Dieu veut pour vous est meilleur que tout ce que vous pouvez imaginer. Vivre pour la gloire de Dieu est le plus beau des exploits, et c’est en faisant le premier pas que l’on gagne en confiance. Comme l’a dit Nicole Bordeleau : « Where there is a will, there is a way ».
Un dernier mot ?
Délali Kpotufe: Je rends grâce à Dieu pour tous ceux qui, à un moment donné, ont semé une graine dans ma vie, qui porte aujourd’hui ses fruits. Merci à tous ceux qui investissent leurs talents et leurs ressources dans ce ministère, Dieu les élèvera en son temps. Continuez de prier le Maître de la moisson pour qu’il répande une onction nouvelle sur ce ministère et touche des vies à travers cette œuvre.
Propos recueillis par Eugenie GADEDJISSO TOSSOU




