En cette veille du Nouvel An, le marché d’Adidogomé Assiyéyé, à Lomé, grouille de monde. À première vue, l’ambiance semble festive : allées bondées, échanges animés, marchands qui hèlent les clients… Mais derrière cette effervescence du 31 décembre se cache une tout autre réalité pour plusieurs femmes commerçantes.
Abla, revendeuse de chaussures pour femmes et enfants, partage ses difficultés : « Les clients sont là, oui, mais ils veulent des produits de qualité sans en payer le prix. J’ai fait venir de nouvelles chaussures, mais je n’ai presque rien vendu. Les prix sont en hausse au Grand Marché, et on est obligées de vendre à perte. C’est décourageant. »
Elle appelle à plus de solidarité entre revendeuses : « Si on arrêtait de casser les prix entre nous, ce serait mieux pour toutes. Il faut qu’on s’accorde sur des tarifs équitables. »

Sika, qui vend du prêt-à-porter, s’est endettée pour s’approvisionner pour les fêtes, dans l’espoir d’écouler son stock. Mais le retour sur investissement tarde à venir.

« Je veux pouvoir rembourser mes prêts, mais ce n’est pas évident. Les clientes disent souvent qu’elles n’ont que l’argent donné par leur mari. Je leur demande : et toi, qu’est-ce que tu as ? Une femme doit aussi se battre. Il faut être autonome, surtout en ces temps difficiles. »
Kafui, quant à elle, vend des ignames. En cette fin d’année, elle fait le même constat amer :
« On baisse les prix jusqu’à 1 500 FCFA, mais les clients n’achètent pas. Les ignames s’abîment. Pourtant, on a nos familles à nourrir. »

Malgré tout, elle garde espoir : « Que mes sœurs commerçantes restent fortes. Les choses finiront par aller mieux. »
À quelques heures de 2026, ces femmes nous rappellent que derrière l’agitation des marchés et les festivités, se jouent de vrais enjeux économiques. Leur résilience est admirable, et leur message est clair : que la nouvelle année apporte des lendemains meilleurs.
Nadège ADIKI et Mélodie ALOUKA




