L’association Tchowourè, engagée dans la promotion des droits humains, met en œuvre, avec l’appui de l’AWDF (Fonds africain pour le développement des femmes), le projet « Savoir, Pouvoir, Protéger : l’éducation sexuelle complète au service des filles et des femmes ». Il a été lancé ce 08 novembre à Dapaong, dans la région des savanes.
Cette initiative vise à former des femmes issues des communes de Tône 1 et Tône 2, afin de renforcer leurs capacités et de les outiller pour devenir des formatrices capables de sensibiliser, éduquer et accompagner leurs communautés sur les thématiques de la santé sexuelle et reproductive (SSR) et de la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG).

En effet, selon les données de l’UNFPA, en 2017 au Togo, 28 % des femmes âgées de 20 à 24 ans avaient déjà donné naissance avant l’âge de 18 ans. De plus, 60 % des enfants étaient déjà épouses, avec 4 filles sur 10 mariées avant cet âge. Une fille sur quatre ayant été mariée a subi une violence physique, émotionnelle ou sexuelle. Le niveau de connaissance des femmes et des filles en matière de santé reproductive et de protection contre les violences reste faible, particulièrement en milieu rural, ce qui accroît leur vulnérabilité.
Dans les communes de Tône 1 et Tône 2, cette vulnérabilité est exacerbée par l’insécurité, les déplacements de populations et un accès limité aux services de SSR et de lutte contre les VBG. Les femmes et filles déplacées ou en situation de handicap sont doublement affectées, avec un accès encore plus restreint à l’information et aux services.
C’est face à cette situation que l’association Tchowourè a mis en place un projet d’éducation.
« Lorsque nous discutons avec les jeunes filles, elles n’ont pas de connaissances sur leur santé sexuelle et reproductive. Chaque année, on observe une augmentation du taux de grossesses en milieu scolaire. La formation de formatrices issues des communautés cibles constitue une étape stratégique essentielle pour assurer la durabilité, l’appropriation locale et l’efficacité des interventions », explique Reyhanath Touré Mamadou, Directrice Exécutive de l’association.

Dans le cadre de ce projet qui dure 3 ans, 15 femmes âgées de 18 à 35 ans, issues des communes ciblées, seront formées.


Les défis liés à la santé sexuelle et reproductive ainsi qu’aux violences basées sur le genre sont mondiaux. L’engagement de l’association Tchowourè au sein de sa communauté prend donc tout son sens : contribuer activement à l’émancipation des femmes et à la promotion des droits humains.
Nadege ADIKI



