Lorsqu’il est question de violations des droits humains en entreprise, les femmes et les filles figurent parmi les principales victimes. C’est dans ce contexte que s’inscrit le projet « Les Entreprises s’engagent pour la Protection des Femmes et des Filles » (EP2F), qui ambitionne de bâtir des partenariats solides afin de faire de la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE), en lien avec les droits humains, un véritable levier de compétitivité. Dans cette dynamique, un atelier de pré-validation et de validation de l’étude de base du projet s’est tenu ce mardi 23 juin 2026. Cette étude vise à dresser un état des lieux des pratiques de RSE au Togo.
Organisée par le consortium CARE Bénin-Togo, les Nouvelles Alternatives pour le Développement Durable en Afrique (NADDAF) et le Groupe de réflexion et d’action Femme, Démocratie et Développement (GF2D), avec l’appui de l’Union européenne, cette rencontre avait pour objectif de valider de manière participative le rapport de l’étude afin d’en favoriser l’appropriation par les différentes parties prenantes et de renforcer sa pertinence pour la mise en œuvre d’actions en faveur de la protection des droits des femmes et des filles dans le secteur privé.
L’atelier a réuni des organisations de la société civile (OSC), des institutions étatiques, des agences gouvernementales, des services déconcentrés de l’État, des corporations d’entreprises, des organisations patronales et professionnelles, des responsables d’entreprises, des présidents de réseaux d’OSC ainsi que des journalistes engagés dans le projet.

Menée dans les régions de la Kara, Centrale, des Plateaux et Maritime, l’étude s’est intéressée à la question des droits humains en entreprise. Elle a couvert 320 entreprises et 55 organisations de la société civile, permettant ainsi de recueillir des données sur les connaissances, les attitudes et les pratiques des femmes employées au sein de ces structures. Elle a également évalué les capacités des organisations de la société civile à accompagner les entreprises dans la mise en œuvre des démarches de responsabilité sociétale.
Les résultats révèlent que les petites entreprises demeurent à un niveau encore limité de structuration de leurs démarches RSE et de formalisation des mécanismes de protection des droits des travailleurs, notamment ceux des femmes et des filles. À l’inverse, les moyennes et grandes entreprises affichent un niveau relativement avancé en matière de mise en œuvre de la responsabilité sociétale.
« L’objectif n’est pas d’imposer, mais de promouvoir et de partager les bonnes pratiques qui ont déjà fait leurs preuves ailleurs et qui peuvent être reproduites. L’étude a montré que les entreprises qui adoptent de bonnes pratiques enregistrent des impacts positifs, tant sur le plan économique que sur leur croissance », a expliqué Degboe Mahulé, coordonnatrice du programme Genre et Justice économique à CARE Bénin-Togo, dans le cadre duquel le projet EP2F est mis en œuvre.

À l’issue de l’étude, plusieurs recommandations ont été formulées à l’endroit des entreprises. Parmi celles-ci figurent la mise en place d’un règlement et d’un code interne simplifiés, la désignation d’un point focal ou d’une personne référente, la clarification des responsabilités ainsi que la formalisation d’une politique interne simplifiée en matière de droits humains.
Concernant spécifiquement les droits des femmes et des filles, l’étude recommande notamment la formalisation de dispositions contre les discriminations fondées sur le sexe, l’intégration de clauses de protection contre le harcèlement, les violences et les abus, ainsi que la mise en place de mécanismes simples et accessibles de signalement.
« Ces recommandations nous permettront d’améliorer les mécanismes de recours et de protection des travailleurs, de développer des outils simplifiés pour les entreprises et de promouvoir une culture de suivi, d’évaluation et d’amélioration continue. Les enseignements tirés de cette étude seront également déterminants pour la poursuite du processus d’élaboration de la Charte pour l’engagement, la protection et la promotion des droits des femmes et des filles en entreprise au Togo », a affirmé Amaglo Eklou Kodjo, responsable de la communication et point focal EP2F pour le Conseil national du patronat (CNP).
La suite de l’atelier a été consacrée aux travaux de groupe, au cours desquels les participants se sont approprié les résultats de l’étude afin d’identifier les éléments les plus pertinents et de contribuer à l’élaboration de la feuille de route du projet.
Nadège ADIKI



