Elles se sont exprimées, ont tissé des liens et ont fait entendre leur voix. « De l’ambition à l’impact : les filles en action » est le thème qui a animé le Sommet national des filles (SONAFI), organisé les 22, 23 et 24 octobre 2026 à Lomé. Organisée conjointement par l’organisation Coup de Pousse-Chaîne de l’Espoir Nord-Sud (CDP-CENS) et les Youth Panels régionaux, cette première édition vise à valoriser les initiatives des filles et à favoriser leur participation aux espaces de décision. Ayant réuni des jeunes filles venues des différentes régions du pays, cette rencontre s’inscrit dans le cadre du projet Girls Lead 2 de Plan International Togo.

Et ces jeunes filles sont là, elles sont pleines d’ambition, elles sont pleines de talent. Elles ont une envie folle de vouloir faire avancer le Togo
Les filles au cœur du développement
Trois jours de rencontres et d’activités avec les filles et pour les filles. Les participantes ont échangé, expérimenté et tissé des liens à travers des ateliers pratiques, des panels et des espaces de réseautage. Leadership féminin, accès aux métiers scientifiques, intelligence artificielle, protection de l’environnement et financement des jeunes : autant de thématiques explorées pour ouvrir de nouvelles perspectives aux filles.
« Ce sont des associations œuvrant pour la promotion de la jeune fille qui ont décidé de mettre leurs ressources ensemble et de travailler ensemble pour justement renforcer la prise de conscience autour des thématiques qui touchent la jeune fille, mais surtout regarder la jeune fille comme un atout qui va nous accompagner dans le développement de nos sociétés, dans le développement du Togo. Et ces jeunes filles sont là, elles sont pleines d’ambition, elles sont pleines de talent. Elles ont une envie folle de vouloir faire avancer le Togo », a affirmé Ousseynou Samb, représentant résident de Plan International Togo.

Des idées concrètes pour changer le quotidien des jeunes
Au cours de ces trois jours, une session de pitch a permis aux participantes de présenter des problématiques auxquelles les jeunes sont confrontés, mais aussi de proposer des solutions en matière d’employabilité, de lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) et d’engagement citoyen. Face au jury et au public, elles ont défendu leurs idées et exprimé leurs opinions avec conviction.
Chakoura, membre du Youth Panel de Sokodé, a exposé un problème récurrent dans sa localité : les difficultés d’accès à l’information, notamment parce que de nombreux jeunes ne vont pas spontanément à sa recherche.

Parce qu’une femme indépendante financièrement ne restera jamais par obligation là où on la frappe.
« Il faut d’abord sensibiliser les jeunes sur l’importance d’aller vers l’information, former les jeunes sur les moyens d’obtenir des informations fiables et des offres d’emploi. Ensuite, créer une plateforme où les offres d’emploi seront diffusées afin qu’aucun jeune ne manque ou ne rate une opportunité qui aurait pu lui être bénéfique pour son insertion active dans la société », a-t-elle confié.
De son côté, Gracia, membre du Youth Panel de Lomé, a consacré son pitch aux VBG en proposant notamment la création de clubs masculins et féminins.
« Comme l’avait dit Nelson Mandela : “L’éducation est l’arme la plus puissante que nous puissions utiliser pour changer le monde.” Alors, à ces garçons-là qui sont à la base des violences, formons-les [pour leur apprendre] qu’être homme, ce n’est pas dominer, mais se respecter avant de pouvoir se mesurer. J’ai proposé aussi des solutions en faveur des filles, notamment dans le domaine de la coiffure, de la fabrication des savons liquides, des serviettes hygiéniques réutilisables, comme activités génératrices de revenus. Parce qu’une femme indépendante financièrement ne restera jamais par obligation là où on la frappe. Aussi, pourquoi ne pas réinscrire les victimes qui sont déscolarisées ? », a-t-elle souligné.
Un sommet qui récompense l’engagement en faveur des droits des femmes et des filles
Le sommet s’est achevé par la remise des « Prix de l’excellence Social Award », qui ont distingué des femmes engagées, des hommes engagés, des organisations de la société civile (OSC) ainsi que des médias œuvrant pour les droits des femmes et des filles. À cette occasion, AfrikElles a été récompensé en tant que meilleur média engagé pour les droits des femmes et des filles.
En plaçant les filles au cœur des échanges et des initiatives, le SONAFI a montré qu’elles ne manquent ni d’idées ni d’ambition. Elles ont besoin d’espaces pour s’exprimer, de possibilités pour concrétiser leurs projets, mais aussi d’acteurs prêts à les accompagner.
Nadège ADIKI



