Initiation aux outils d’intelligence artificielle, structuration des idées, génération d’images et de vidéos, contextualisation des recherches et programmation d’activités : les filles participantes à la deuxième édition de « Filles en Intelligence artificielle » ont été outillées sur différents usages de l’IA, les 16 et 17 octobre 2026 à Lomé. Portée par l’association AfrikElles Act, en collaboration avec AfrikElles Média et avec l’appui de l’Institut des Métiers du Digital (IMD), cette initiative s’inscrit dans le cadre de la Journée internationale de la jeune fille, célébrée chaque 11 octobre.
L’objectif est de renforcer les compétences numériques des filles en les initiant à l’intelligence artificielle et à ses usages, afin de favoriser leur créativité, leur autonomie et leur accès aux opportunités offertes par le numérique.
En plein développement, l’intelligence artificielle ouvre de nouvelles perspectives dans de nombreux secteurs et fait émerger de nouvelles compétences ainsi que des opportunités professionnelles. Cependant, les stéréotypes de genre et les inégalités d’accès aux compétences numériques continuent de freiner la participation des femmes et des filles à cette transformation technologique.
C’est dans cette perspective que s’inscrit la deuxième édition de l’initiative, placée sous le thème : « Jeunes filles et intelligence artificielle : apprendre, créer et innover pour saisir les opportunités de demain ».

Inclusion numérique : donner aux filles les moyens d’apprendre, de créer et d’innover
Pour Espoire Tawi, secrétaire de l’association AfrikElles Act et rédactrice en cheffe d’AfrikElles Média, cette formation répond à la nécessité de préparer les jeunes filles aux réalités d’un monde où l’intelligence artificielle occupe une place grandissante.
« Aujourd’hui, nous savons que le quotidien de chaque personne est marqué par l’IA et que, quel que soit ce que nous avons à faire, nous y avons recours. C’est dans cette optique que nous avons choisi d’outiller les filles sur l’IA », a-t-elle affirmé.

Pour Eugenie Gadedjisso T Aboa, présidente d’AfrikElles Act et directrice de publication d’AfrikElles Média, l’inclusion numérique des filles constitue un enjeu essentiel d’égalité des chances. Il ne s’agit pas seulement de leur permettre d’accéder aux outils technologiques, mais aussi de leur donner les connaissances et la confiance nécessaires pour les utiliser, développer leurs idées et saisir les opportunités qui en découlent.
Dans cette dynamique, l’initiative « Filles en Intelligence artificielle » entend contribuer à réduire les inégalités d’accès aux compétences numériques. En initiant les participantes aux usages de l’intelligence artificielle, AfrikElles Act et AfrikElles Média souhaitent favoriser leur autonomie, encourager leur créativité et leur permettre d’envisager de nouvelles perspectives dans leurs études, leurs projets et leur future vie professionnelle.
L’inclusion numérique suppose également de sensibiliser les filles aux risques liés aux usages du numérique, notamment aux cyberattaques, et de promouvoir une utilisation responsable et réfléchie des outils d’intelligence artificielle.
Pour AfrikElles, l’enjeu est de faire en sorte que les filles ne soient pas seulement des utilisatrices des technologies, mais qu’elles puissent aussi devenir des actrices de l’innovation numérique.
De la découverte à la pratique
La première journée a été consacrée à une rencontre en ligne autour de l’histoire de l’intelligence artificielle, de ses notions fondamentales et de la découverte de ses différents usages. La deuxième journée, organisée en présentiel, a davantage mis l’accent sur la pratique. Les participantes ont pu expérimenter différents outils d’IA et réaliser des productions concrètes.
Pour Blandine Sabi, participante et étudiante en psychologie clinique, cette formation représente une occasion d’explorer de nouvelles possibilités pour son parcours professionnel.
« J’ai quand même pu faire pas mal de choses qui vont me permettre plus tard d’évoluer beaucoup dans ma carrière. Je compte utiliser l’IA, notamment dans mes recherches, parce que les gens pensent que, vu qu’il y a l’IA, on n’a pas besoin des psychologues. Mais si j’étudie bien l’intelligence artificielle, je pourrai dire aux gens que non, l’intelligence artificielle ne peut pas remplacer un psychologue », a-t-elle confié.


Cette mise en pratique a permis aux participantes d’expérimenter les outils présentés et de produire un contenu ou un projet répondant à une problématique de leur choix.
Des outils pour gagner en efficacité dans son domaine
N’Dao Partcha Fleur, environnementaliste de formation, a participé à cette session pour apprendre à générer des contenus et à intégrer l’intelligence artificielle dans ses activités professionnelles.
« Je suis satisfaite de cette formation parce que, même si on a tout sur Internet pour se former soi-même, c’est bien d’avoir un expert devant nous qui nous explique, nous parle de ses expériences et nous édifie davantage. J’ai appris comment générer des prompts et poser des questions à l’IA. Pour mon domaine d’activité, cela va me permettre de générer des vidéos comiques, de les publier tout en sensibilisant les populations à assainir les lieux. Pour mes tâches, cela va aussi m’aider à rédiger mes rapports, à structurer mes idées et à aller plus vite », a-t-elle expliqué.


L’intelligence artificielle comme assistance, et non comme substitut à l’humain
L’autonomisation numérique ne signifie pas une dépendance à l’intelligence artificielle. Au cours de la formation, le formateur Marc Aboflan a rappelé que, pour obtenir des résultats pertinents et être productif, il est essentiel de concevoir ses idées, de les structurer et de les préciser en amont avant de recourir à l’IA.
L’outil doit ainsi rester une assistance et non se substituer à la réflexion humaine. Cette approche invite les participantes à développer leur esprit critique, à mieux formuler leurs demandes et à conserver la maîtrise de leurs productions.
L’initiative d’AfrikElles Act rappelle que l’inclusion numérique ne se limite pas à l’accès aux technologies : elle passe aussi par la formation, la maîtrise des outils et la capacité à les mobiliser pour apprendre, créer et innover.
Nadège ADIKI



