À Kara, un projet de 27 milliards de FCFA ambitionne d’améliorer l’accès à l’eau potable pour plus de 200 000 personnes supplémentaires. Au-delà des infrastructures, ce projet pourrait particulièrement changer le quotidien des femmes et des filles, souvent au cœur de la gestion de l’eau au sein des ménages.
À Kara, l’accès à l’eau potable entre dans une nouvelle phase. Le Projet d’alimentation en eau potable de Kara et ses environs (AEP Kara) a été officiellement lancé le 28 septembre 2026 sur le site du château à Kara Sud. Porté par la Société de Patrimoine Eau et Assainissement en Milieu Urbain et Semi-Urbain (SP-EAU), le projet vise à faire passer le taux d’accès à l’eau potable de 50 % à 75 %.

L’enjeu est aussi social. Dans les ménages, les difficultés d’accès à l’eau peuvent peser particulièrement sur les femmes et les filles, souvent chargées de nombreuses tâches liées à la vie domestique. Améliorer la disponibilité de l’eau peut ainsi contribuer à réduire certaines contraintes qui pèsent sur leur quotidien.
L’eau potable, une question de dignité
Lors du lancement du projet, le gouverneur de la région de la Kara, le général de brigade Adjitowou Komlan, a insisté sur la portée sociale de l’accès à l’eau potable.
« L’eau pour notre territoire, c’est la vie. L’eau pour notre territoire, c’est la dignité. L’eau pour notre territoire, c’est l’avenir de nos villes et de nos territoires. Et derrière ce projet se profilent, pour les communautés situées sur son trajet, des réalités urbaines profondes, des réalités portées par des femmes, des jeunes filles et des enfants dont le quotidien va être durablement transformé », a-t-il déclaré.
Au-delà de la construction de nouvelles infrastructures, le projet entend ainsi répondre à des besoins qui touchent directement la vie quotidienne des populations. Pour les femmes et les filles, qui assument souvent une part importante des tâches liées à l’approvisionnement en eau au sein des ménages, rapprocher la ressource des foyers peut contribuer à réduire certaines contraintes quotidiennes.
Le ministre délégué chargé de l’Eau et de l’Assainissement, Séna Alipui, a, pour sa part, mis en avant les objectifs fixés pour les ménages de Kara.
« Nous voulons que demain, trois familles sur quatre à Kara aient accès à l’eau potable, là où une seule en avait accès hier. Nous voulons que 40 000 ménages supplémentaires ouvrent un robinet chez eux plutôt que d’aller chercher de l’eau ailleurs », a-t-il précisé lors du lancement du projet.
Cette ambition place l’accès direct à l’eau au cœur des transformations attendues dans les ménages. Pour les femmes et les filles, disposer d’un point d’eau à proximité peut notamment réduire le temps et les efforts consacrés à la recherche de cette ressource essentielle.

Des infrastructures pour rapprocher l’eau des ménages
La première phase du projet comprend notamment la construction d’une nouvelle station de traitement d’une capacité de 10 000 m³ par jour, la réalisation de réseaux de distribution et la mise en place de branchements privés subventionnés ainsi que d’une vingtaine de bornes-fontaines.
Un réservoir de 5 000 m³ sera également construit à Kara Sud afin d’alimenter les zones actuellement difficiles d’accès.
Ces infrastructures devraient contribuer à rapprocher davantage l’eau potable des populations. L’objectif est notamment de permettre à un plus grand nombre de ménages de disposer d’un accès direct à l’eau, plutôt que de devoir parcourir des distances pour s’approvisionner.
Pour les femmes et les filles, cette évolution pourrait avoir des effets sur le quotidien, notamment en matière de temps consacré à la collecte de l’eau, d’hygiène et de gestion des activités domestiques.
La deuxième phase veut renforcer la sécurité de l’eau
Une deuxième phase, financée à hauteur de 15 milliards de FCFA par la Banque islamique de développement (BID), doit permettre de renforcer l’approvisionnement en eau tout au long de l’année.
Elle prévoit notamment une retenue d’eau brute à Sara, un nouveau captage à Bafilo, l’extension du réseau vers certaines localités d’Assoli, 1 300 nouveaux branchements et la réhabilitation de 25 kilomètres de réseau à Kara, a expliqué la Directrice Générale de la SP-EAU, Dr Huguette Massan Avumadi.
À terme, le projet devrait permettre de desservir plus de 200 000 personnes supplémentaires, portant à près de 400 000 le nombre de personnes concernées dans les localités ciblées.
L’amélioration de la disponibilité de l’eau devrait ainsi concerner aussi bien les ménages de Kara que certaines populations des localités environnantes.
Quand l’eau devient aussi une question d’égalité
L’accès à l’eau potable constitue également un enjeu d’égalité entre les femmes et les hommes. Lorsque la ressource est difficilement accessible, les contraintes liées à son approvisionnement peuvent peser davantage sur les femmes et les filles, en raison de la répartition des tâches domestiques et des responsabilités familiales.
À l’inverse, un accès plus régulier et plus proche peut contribuer à améliorer les conditions de vie et à libérer du temps pour d’autres activités, notamment l’éducation, les activités économiques ou la participation à la vie communautaire.
Dans cette perspective, le projet AEP Kara ne se limite pas à une question d’infrastructures. Il touche aussi aux conditions de vie des populations et, potentiellement, à la manière dont les femmes et les filles vivent et organisent leur quotidien.
La Rédaction



