Des journalistes et communicatrices féministes issues de la Côte d’Ivoire, du Bénin, du Togo et du Burkina Faso unissent désormais leurs voix pour mieux visibiliser les actions féministes en faveur de la paix et de la sécurité. Réunies au sein du Consortium Nana Aïcha, elles entendent mutualiser leurs efforts afin d’accroître leur impact. La cérémonie officielle de lancement de ce consortium s’est tenue le mercredi 18 mars 2026 à Abidjan, capitale de la République de Côte d’Ivoire.
Le Consortium Nana Aïcha se veut un cadre fédérateur pour les journalistes et communicatrices féministes engagées dans la promotion de paix et de la sécurité. Il a pour mission de vulgariser les initiatives locales de paix portées par les femmes et les jeunes, à travers les médias comme outils de sensibilisation ; renforcer les capacités des femmes journalistes et communicatrices grâce à des formations et ateliers; favoriser les synergies à travers le dialogue entre les différents acteurs, notamment les gouvernements et la société civile, afin de créer un environnement propice à la paix ; mener des actions de plaidoyer en mettant en lumière des voix et des récits souvent marginalisés dans les débats sur la paix et la sécurité…
À travers cette dynamique, le consortium ambitionne de contribuer significativement à la visibilité des actions féministes dans le domaine de la paix et de la sécurité.

Le lancement de cette plateforme s’est déroulé en marge d’un panel autour du thème : « La contribution historique des Africaines à la paix et à la sécurité ».
Animé par plusieurs figures engagées, notamment Delores PIE, coordinatrice de projet à Opinion Éclairée (Côte d’Ivoire), Eugenie GADEDJISSO TOSSOU, journaliste féministe et fondatrice d’AfrikElles Média (Togo), Irad GBAZALE, lauréate du Prix d’excellence 2025 pour ses actions de promotion de la paix en Côte d’Ivoire, ainsi qu’Osnia GBANKOTO, communicatrice indépendante et experte Jeunes, Femmes, Paix et Sécurité du Bénin, ce panel a permis de revisiter les contributions historiques des femmes africaines.
Les panelistes ont tour à tour mis en lumière des figures et mouvements emblématiques dans leurs pays respectifs.
Au Bénin, l’histoire des Amazones et des reines mères Yonkogui a été revisitée. En Côte d’Ivoire, l’accent a été mis sur le rôle des femmes dans les luttes historiques, notamment la marche des femmes de Grand-Bassam à l’époque coloniale, ainsi que sur les initiatives contemporaines de médiation communautaire.
Pour le Togo, Eugenie Gadedjisso Tossou a retracé le rôle majeur des Nana Benz durant la période coloniale, avant de souligner les efforts actuels en matière de réconciliation nationale. Elle a notamment évoqué le rôle du Haut-Commissariat à la Réconciliation et au Renforcement de l’Unité Nationale (HCRRUN), en mettant en avant le leadership féminin dans ce processus. Elle a salué le rôle des reines mères dans la région des Plateaux et des femmes engagées dans les systèmes d’alerte communautaire dans la région des Savanes, notamment sous l’égide de WANEP-Togo.
Le nom du consortium, Nana Aïcha, rend hommage à Madame Nana Aïcha Cissé, une figure malienne emblématique ayant consacré sa vie à la promotion de la paix et des droits des femmes en Afrique.
Créé dans le cadre du projet « Pour des agendas féministes Paix et Sécurité » porté par l’ONG EQUIPOP, ce consortium s’inscrit dans une dynamique régionale visant à renforcer l’engagement des médias et des organisations de la société civile ouest africaine sur les questions de paix et de sécurité.
Espoire Prénam TAWI



