Des progrès sont observés en matière de droits des femmes dans les domaines politique, économique et social au Togo. Toutefois, leurs sphères privées et personnelles restent encore semées d’embûches. Pour y remédier, un guide pratique a été élaboré afin de faciliter l’accès des femmes à l’information juridique.
C’est dans ce cadre qu’un atelier de validation de ce guide s’est tenu ce samedi 28 mars 2026 à Lomé. Organisée par le Réseau Jeunesse pour l’Éducation et le Développement (RJED), cette rencontre a pour objectif d’améliorer et de valider ce guide pratique sur les mécanismes de recours en cas de violation des droits des femmes.
Si les femmes ne se tournent pas vers la justice, ce n’est pas seulement à cause de la peur ou d’une préférence pour les règlements à l’amiable ; le véritable obstacle réside dans la méconnaissance des mécanismes judiciaires. Par conséquent, elles ne savent pas vers qui se tourner, ni quelles démarches ou étapes suivre pour porter plainte ou intenter une action en justice a fait savoir le RJED.
Élaboré en amont par un consortium de juristes et de praticiens, ce guide a été revisité lors de cet atelier par des acteurs juridiques et institutionnels, qui y ont apporté leurs amendements et contributions. Les travaux ont été répartis en groupes autour de deux thématiques : l’orientation judiciaire et l’appareil judiciaire, ainsi que les droits patrimoniaux des femmes.

« Ce guide explique comment amorcer les procédures pour accéder à la justice. Nous l’avons rédigé dans un langage accessible, de sorte que les femmes de toutes les couches sociales puissent le comprendre. Lorsqu’on parle de guide, cela signifie qu’il s’agit d’un outil, d’une clé mise à leur disposition afin qu’elles puissent l’utiliser en cas de besoin », a souligné Méschak Gnaro, consultante en genre et coordinatrice du consortium des juristes et praticiens.

Le développement de ce document porte sur la compréhension de l’appareil judiciaire togolais, les voies de recours, les étapes à suivre pour intenter une action en justice, ainsi que sur les droits patrimoniaux des femmes : foncier, succession (héritage) et protection.
À court terme, il s’agira d’assurer sa mise en forme éditoriale, son impression, puis son enregistrement officiel auprès du Bureau Togolais du Droit d’Auteur (BUTODRA), afin de garantir sa protection et sa reconnaissance institutionnelle. À moyen terme, l’objectif est de favoriser son appropriation et son utilisation effective par les acteurs de terrain et les femmes elles-mêmes. Il sera utilisé aussi bien dans les zones urbaines que dans les zones rurales. Pour ces dernières, des formations et des activités de sensibilisation sont prévues.
Nadège ADIKI



