Au total 43 participantes dont 30 jeune âgé de 15-24 ans (20 filles et 10 garçons) et 9 encadrantes venant de 10 établissements de 3 communes de la région des savanes bénéficient d’un cadre sain d’apprentissage autour du consentement et de la Santé Sexuelle et Reproductive (SSR). Cet espace, baptisé « Festival du consentement », est une initiative de l’Association TCHOWORE à l’endroit des jeunes de la région des Savanes, principalement ceux et celles de la ville de Dapaong. Il s’agit d’une réponse à la désinformation et aux tabous qui entourent encore la SSR. Le festival s’est tenu du 29 au 30 novembre 2025 à Dapaong, dans le cadre de la campagne internationale des « 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre ».
Dans un cadre convivial et bienveillant, les jeunes ont reçu des informations et des formations sur plusieurs thématiques. Les filles ont été sensibilisées sur le consentement, les limites et la pression sexuelle, ainsi que sur les menstruations sans tabou (mythes/réalités + création de matériels liés aux règles). Quant aux garçons, ils ont été formés sur la masculinité positive et le consentement. Soutenue par l’AWDF, cette initiative vise à renforcer l’autonomie corporelle des jeunes filles en améliorant leurs connaissances, leurs compétences et leur pouvoir d’agir en matière de consentement, de santé sexuelle et reproductive, et de gestion menstruelle.


« Le consentement ne concerne pas seulement les relations intimes. C’est accepter ou refuser. C’est dire « oui » sans peur et dire « non » sans conséquence. C’est protéger nos enfants. C’est écouter nos adolescentes et nos jeunes. C’est créer des relations plus saines entre nous toutes et tous », a déclaré Reyhanath TOURE MAMADOU, Directrice Exécutive de l’Association TCHOWORE.

Le Festival du consentement a également été l’occasion de rendre hommage à toutes les mères invisibles, celles qui forment et transmettent, et plus particulièrement à Asia Nana Médina, grand-mère de Reyhanath TOURE MAMADOU. « Azia Médina est une devancière. À une époque où les femmes n’avaient ni la possibilité d’être dans les médias, ni d’être célébrées publiquement, elle a pourtant transmis à sa fille, puis à sa petite-fille, de grandes valeurs : le travail bien fait, la résilience, l’amour des autres, la dignité et la sororité entre femmes. Si aujourd’hui sa petite-fille est reconnue pour son travail, c’est parce qu’avant elle, une femme a semé, donné, tenu, protégé », peut-on lire sur une affiche installée sur le lieu du festival.
Au-delà des panels, le festival a été un espace d’écoute, de guérison et de partage, pour évoquer les expériences vécues et offrir un soutien émotionnel. Plusieurs initiatives ont marqué ces journées : un laboratoire créatif « Bintou 228″Je célèbre mes règles », pour la co-création de propositions communautaires et la production collective de contenus féministes (affiches, slogans, nuages de mots) ; une exposition de matériels : serviettes hygiéniques réutilisables, outils pédagogiques sur le cycle menstruel ; un espace artistique « Abitor » « Ma voix, mon corps, mon choix », avec des poèmes, chants, slams et témoignages.

L’association TCHOWOURE, basée dans la région des Savanes, au nord du Togo, est engagée sur les questions de droits humains. Elle œuvre pour un monde où filles et femmes, garçons et hommes, disposent des mêmes chances et opportunités.
Eugenie GADEDJISSO TOSSOU



