La lutte contre la corruption ne peut être efficace sans la participation active des femmes, que ce soit au sein des familles, des communautés ou des institutions. Pour célébrer la Journée internationale des droits des femmes, la Haute Autorité de Prévention et de Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilées (HAPLUCIA) a organisé, le mardi 10 mars 2026 à Lomé, une conférence débat visant à mettre en lumière le lien entre la promotion des droits des femmes et la lutte contre la corruption, tout en les encourageant à s’impliquer dans la construction d’une société fondée sur l’éthique, la responsabilité et la justice.
La corruption constitue un frein majeur au développement et à l’épanouissement des femmes. Elle limite l’accès équitable aux opportunités économiques, fragilise les mécanismes de protection sociale, réduit l’accès aux ressources et services essentiels, et accentue les inégalités existantes. Dans ce contexte, le thème mondial retenu pour 2026, « Droits, justice, action pour toutes les femmes et les filles », a guidé les échanges, qui ont porté sur la manière dont les pratiques corruptives freinent l’autonomisation des femmes et la promotion de leurs droits, notamment dans le milieu scolaire.

« Au Togo, nous avons enregistré des avancées significatives en matière de droits des femmes et de réduction des inégalités de genre. Agir pour toutes les femmes et toutes les filles, c’est garantir leur accès à l’éducation et à la formation, promouvoir leur participation à la prise de décision, assurer l’égalité devant la justice et lutter contre toutes les formes de discrimination et de corruption », a souligné Kimelabalou Aba, président de la HAPLUCIA.

La conférence a abordé trois thématiques principales : Insertion professionnelle des femmes et lutte contre la corruption, Protection des droits des filles en milieu éducatif et lutte contre la corruption, Protection des droits des femmes dans le secteur informel et lutte contre la corruption. Ces thématiques visent à mobiliser davantage les femmes pour qu’elles revendiquent leurs droits tout en assumant pleinement leurs responsabilités.
« La lutte contre la corruption implique de ne pas verser d’argent ou de “suppléments” pour obtenir des services qui devraient être gratuits. Beaucoup de femmes ne sont pas informées, et il arrive que, par exemple, à l’hôpital, on leur demande de payer des frais supplémentaires. Il est crucial de les sensibiliser afin qu’elles connaissent leurs droits et sachent refuser ces pratiques illégales », a expliqué Mme Tchemi M’mah, rapporteur de la HAPLUCIA.

Plusieurs recommandations ont été formulées :
- Pour les autorités : poursuivre la promotion de la femme, organiser des forums sur l’insertion des femmes et innover dans les initiatives d’égalité de genre.
- Pour HAPLUCIA : renforcer les actions avec les femmes entrepreneures et leurs réseaux pour limiter les violences et les obstacles liés à la corruption.
- Pour les partenaires : soutenir les initiatives économiques en faveur des femmes.
- Pour les organisations de la société civile : continuer la sensibilisation afin que les femmes connaissent leurs droits et puissent dénoncer les actes illicites.
En célébrant cette journée, la HAPLUCIA a voulu valoriser les femmes comme vecteurs de changement et de lutte contre la corruption. L’institution prend désormais un nouveau nom : HATIC (Haute Autorité pour la Transparence, l’Intégrité de la Vie Publique et la Lutte contre la Corruption).
Nadège ADIKI



