Femmes, paix et sécurité ; féminisme ; violences basées sur le genre (VBG), c’est sur ces thématiques que s’est déroulé l’atelier de formation à l’endroit des journalistes venus de toutes les régions du Togo, les 27 et 28 janvier 2026 à Lomé. Organisé par AfrikElles, un média féministe et féminin engagé pour la promotion des droits de la femme africaine, il bénéficie de l’appui financier d’Equipop, une organisation féministe de solidarité internationale. Dans l’objectif d’outiller les professionnels des médias sur ces thématiques afin qu’ils les insèrent dans leurs productions médiatiques, cette session d’activités s’inscrit dans le cadre du projet « Action des Médias au Féminin Pluriel : mobilisation des femmes et des jeunes pour la consolidation de la paix et de la cohésion sociale au Togo ».
En tant que quatrième pouvoir, les médias façonnent l’opinion publique, influencent les perceptions sociales et constituent des leviers puissants pour le changement social. Lorsqu’ils sont outillés et sensibilisés, il leur revient donc la charge d’alerter les communautés sur les questions de paix et de sécurité, de valoriser la voix des femmes, d’identifier les inégalités et de contribuer à les prévenir. C’est le Directeur de cabinet Franck Missité, représentant Mme le ministre de la communication qui a ouvert officiellement les travaux en présence du coordonnateur national de Wanep-Togo.

« Nous avons constaté de façon générale que les femmes dans les communautés font un grand travail sur les questions de paix, de sécurité et de cohésion sociale, mais ce travail n’est pas valorisé. C’est donc l’occasion d’encourager les médias à parler de ce que les femmes font dans leur communauté pour que d’autres femmes puissent également jouer leur partition et pour que nous ayons un pays de paix, un pays où la sécurité est garantie, un pays où la paix n’est pas un mot, mais une réalité que nous vivons », affirme Eugénie Gadedjisso Tossou, fondatrice et directrice de publication d’AfrikElles.

Ces deux jours de formation ont été interactifs, participatifs et basés sur des études de cas, des travaux de groupe, des mises en situation, des projections vidéo et des échanges d’expériences ; une éducation qui a permis de déconstruire les normes patriarcales tout en mettant en avant les méthodes de bon traitement de l’information en cas de violences.
« Nos communautés ont leurs perceptions et ont leurs manières de traiter la femme à cause du poids de nos traditions. Et nous, en tant qu’acteurs des médias, nous avions ce besoin de mieux nous outiller, mieux comprendre les concepts afin de pouvoir les aborder dans nos communautés. Les formateurs nous ont donc fait comprendre notre rôle dans la gestion des conflits. Une fois retourné chez moi, je vais d’abord outiller mon équipe pour que nous soyons au même niveau de compréhension des concepts, et cela permettra à notre radio de s’engager dans la lutte contre les VBG », a dit Jean-Marie Kamouk, directeur de la radio communautaire des Savanes.

Marie-Thérèse Mazou, animatrice à la radio Cosmos de Sotouboua, a également bénéficié de cette formation : « Merci à AfrikElles et à ses partenaires qui nous ont outillés sur ces thématiques. J’ai appris les étapes à suivre pour faire une bonne présentation à la radio et je pars d’ici très outillée, car les formateurs ont été à la hauteur de leurs tâches. J’ai appris comment faire de bonnes productions, comment interviewer des personnes en cas de conflits et comment calmer les tensions », a-t-elle confié.

À l’issue de cette session de formation, un contrat a été signé avec trois médias du Grand Nord, en vue de programmes et de productions liées aux thématiques du féminisme, des violences basées sur le genre, puis des femmes, de la paix et de la sécurité dans leurs communautés et en langues locales. Ils deviennent ainsi des relais clés pour la prévention de l’extrémisme violent, l’alerte face à des comportements jugés suspects dans les communautés et surtout pour porter haut la voix des femmes.

La formation des journalistes est une activité du projet d’AfrikElles s’inscrivant dans le grand projet « Pour des agendas féministes, paix et sécurité : Africaines de l’Ouest et du Sahel solidaires pour la paix », financé par le Fonds de soutien aux organisations féministes (FSOF) de l’Agence Francaise de Développement (AFD) et porté par le consortium Equipop, Diakonia, FAD et Gorée Institute.
Nadège ADIKI



