Ne sous-estimons pas l’usage du numérique dans les milieux ruraux. C’est pour porter haut ce message qu’une journée de sensibilisation s’est tenue ce lundi 1er décembre 2025 dans la préfecture de Vo, précisément dans le canton de Koutimé. Cette activité s’inscrit dans le cadre de la campagne des 16 jours d’activisme contre la violence à l’égard des femmes et des filles. Organisée par CARE Bénin Togo, en collaboration avec les organisations La Colombe et WiLDAF, elle est appuyée par l’Union européenne. Cette sensibilisation a permis aux femmes des groupements FaFaWa de Vo de prendre conscience des violences numériques, d’échanger sur les causes et les conséquences de ces violences, et de promouvoir l’importance de leur prévention.
L’activité a mobilisé les femmes membres de 10 groupements FaFaWa du canton de Koutimé, les épouses des chefs traditionnels, la population du canton de Vokoutimé, y compris les autorités locales, ainsi que certains hommes de la localité. Si l’usage du numérique est aujourd’hui un atout, sa mauvaise utilisation représente un risque, non seulement pour les femmes, mais aussi pour les hommes. Il expose à des dangers importants, notamment lorsqu’il s’agit de partager des photos personnelles ou intimes, que ce soit pour les conserver ou les envoyer à un partenaire. Une fois diffusés, ces contenus peuvent devenir des outils de chantage ou de menace. Certaines personnes se retrouvent contraintes de payer une rançon pour éviter que leurs images ne soient rendues publiques.

Ainsi, le thème mondial de cette campagne est : « Unissons-nous pour mettre fin à la violence numérique à l’égard de toutes les femmes et les filles ». Ce thème met l’accent sur la menace croissante de la violence en ligne, y compris le harcèlement, l’abus d’images et le contrôle numérique. C’est pour contribuer à réduire ces violences, sous toutes leurs formes, que cette sensibilisation a été initiée.
« Au départ, nous pensions que ce genre de pratiques ne concernait pas certaines zones comme celle-ci. Mais les témoignages et les questions des participantes nous ont fait réaliser qu’il y a, en réalité, des situations encore plus graves. Ce qui nous a amenés à comprendre que les violences faites aux femmes ne connaissent aucune frontière », a affirmé Lawson Sénam, spécialiste du suivi, de l’évaluation et de l’apprentissage sur les projets PPDE (Projet de Promotion et de Protection des Droits et Égalités).

Le thème a été développé par le directeur préfectoral des solidarités, qui a apporté des éclairages allant au-delà du cadre prévu. L’intervention des femmes elles-mêmes a également enrichi les échanges. « Cette rencontre nous a permis d’acquérir de nouvelles connaissances que nous pourrons transmettre à nos enfants, à nos proches et aux générations futures. C’est à nous, les femmes, de nous protéger et de prendre les précautions nécessaires », a souligné Mitronougna Akossiwa, femme bénéficiaire.

Par ailleurs, la célébration de cette campagne s’inscrit dans le cadre du Projet de Promotion et de Protection des Droits et Égalités (PPDE).
Lancée en 1991, la campagne internationale des « 16 Jours d’activisme contre la violence faite aux femmes » mobilise chaque année des millions de personnes à travers le monde. Elle vise à promouvoir l’élimination de toutes les formes de violence à l’égard des femmes par des actions locales, nationales et internationales, tout en créant des espaces de dialogue et en renforçant les initiatives communautaires.



