« Surtout lisez, lisez, lisez ! » Un message qui résonne avec insistance en 2026, à l’heure où les réseaux sociaux occupent une place grandissante dans le quotidien des jeunes. Cet appel à la lecture, Dr Agbessi Akpéné Délalom en a fait un véritable credo. Docteure en littératures francophones, elle est maître-assistante au département de Lettres modernes à l’Université de Kara. Convaincue que la lecture constitue une nourriture essentielle pour l’esprit et un puissant levier de croissance intellectuelle, elle ne se limite pas au discours. Elle a mis en place un club de lecture afin d’éveiller la conscience de la jeunesse, traduisant ainsi son engagement académique en action concrète.
Membre du Réseau des Femmes de l’Enseignement Supérieur du Togo (ReFEST), elle s’investit activement dans l’atteinte des objectifs du réseau. Pour elle, chaque être humain est porteur d’une mission spécifique, dont l’accomplissement est indispensable à une vie épanouie.
Une ouverture au monde par le savoir
Le parcours d’Agbessi Akpéné Délalom ne s’est pas construit uniquement à travers les livres. Son ouverture d’esprit s’est également nourrie d’expériences internationales. Après avoir intégré le Collège doctoral interrégional de l’AUF en didactique de la langue française et en littérature comparée francophone, elle poursuit ses recherches dans des centres universitaires à l’étranger, notamment à l’Université Bordeaux Montaigne en France, puis à l’Université de Gand en Belgique.
Ces expériences enrichissent son expertise en littératures francophones. En 2016, elle devient Attachée temporaire d’enseignement et de recherche (ATER) à l’Université de Kara, avant d’y être recrutée comme Assistante en 2018, à la suite de la soutenance de sa thèse de doctorat.

De la recherche à l’engagement
Chercheure engagée, elle est membre de plusieurs sociétés savantes, dont le Réseau Africain d’Analyse du Discours (R2AD), l’Association Européenne d’Études Francophones (AEEF) et l’Association Internationale d’Étude des Littératures et Cultures de l’Espace Francophone (AIELCEF). Ses travaux portent notamment sur l’analyse du discours, la représentation du féminin et les enjeux écologiques dans les littératures francophones.
Mais au-delà de la recherche, Agbessi Akpéné Délalom se distingue par sa volonté d’accompagner les jeunes dans la découverte de leur potentiel et de leur mission de vie. Inspirée par les mots de Victor Hugo « Lire, c’est boire et manger ; l’esprit qui ne lit pas maigrit comme le corps qui ne mange pas » elle a fondé à Kara le club de lecture « Tinga ». Un espace de partage et de réflexion destiné à transmettre à la jeunesse le goût et les bienfaits de la lecture.
Son crédo résume sa philosophie : « Vivre heureux, c’est connaître le but ultime de sa vie sur terre et le réaliser. »
Façonner les consciences pour transformer la société
Pour l’enseignante-chercheure, il est plus que jamais nécessaire d’agir sur les imaginaires collectifs afin de transformer les représentations et les rapports au monde, dans un contexte marqué par de profonds bouleversements. À l’instar d’Édouard Glissant, elle estime que les lettres et l’art jouent un rôle fondamental dans cette dynamique.
Former la jeunesse implique, selon elle, une responsabilité majeure. Dans cette perspective, les écrits des femmes occupent une place incontournable dans la formation des jeunes filles, et œuvrer à leur reconnaissance et à leur diffusion relève d’une véritable nécessité.
En somme, Agbessi Akpéné Délalom n’est pas seulement une enseignante accomplie. Elle est une femme consciente du pouvoir des mots et convaincue que l’accomplissement de soi commence de l’intérieur avant de rayonner vers l’extérieur.
À la jeune génération, elle adresse ce message : « N’ayez pas peur de l’avenir, même s’il semble incertain. Fixez-vous des objectifs, battez-vous pour les atteindre et gardez pour boussole la certitude qu’au bout de l’effort se trouve la réussite. Surtout, lisez, lisez, lisez ! »
Nadège ADIKI



