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Témoignage- Bénin : « Le cyberharcèlement m’a poussé au suicide », Majoie HOUNDJI

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L’histoire remonte en 2017 ou un ami virtuel, supposé être de confiance, a balancé tous les complexes de Majoie HOUNDJI sur le réseau social Facebook après une dispute d’adolescents. Pour la jeune Béninoise qui avait au moment des faits 20 ans, ce fut le début d’un calvaire qui a duré plus d’une année. « Femme plate, vilaingo, ardoise gucci, zéro sein, qui peut épouser un homme, tu ressembles à un cadavre, tu as vendu tes seins ». Majoie a connu, maintes fois, l’odeur de la stigmatisation.Au final, elle s’en sort et devient une icône.

 

Excès de confiance, elle a confié ses complexes à un ami sur Facebook dans une discussion privée. Après quelques malentendus, il a balancé tout ceci sur les réseaux sociaux avec des mots pas du tout courtois.

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Depuis quelques années et contrairement à ce que beaucoup peuvent penser, le cyberharcèlement est bel et bien une réalité dans nos pays africains. UNICEF France définit le cyberharcèlement comme des messages répétés et malveillants qu’une personne reçoit sur internet ou sur son téléphone portable. Dans la plupart des cas, l’objectif à terme est de nuire à la personne. Pour Majoie HOUNDJI, c’est depuis l’adolescence qu’elle a commencé à vivre le harcèlement traditionnel du fait de sa petite poitrine. Dans la rue, à l’école et même à l’église, elle était pointée du doigt et les questions fusaient de toute part pour savoir pourquoi ses seins ne poussent pas. « L’évènement qui m’a le plus touchée, j’étais chez une dame du quartier pour faire quelques achats et en quittant l’endroit, elle confie à ceux qui achetaient chez elle, ‘’regardez cette fille, elle est plus âgée que la mienne, mais ma fille a plus de sein qu’elle ‘’ confie-t-elle avant d’ajouter que « le pire, c’est qu’une personne m’a traitée de sorcière et que j’aurais pris les boules de mes seins pour en faire une calebasse de sorcellerie. Même dans la rue, des personnes sont allées jusqu’à palper mes seins pour me proposer des produits ou demander mon âge », raconte avec beaucoup de peine, Majoie HOUNDJI.

C’est ainsi qu’elle a décidé de ne plus avoir d’amis et de ne plus sortir. Dans sa solitude et en quête d’amitié, elle, a dû s’inscrire sur les réseaux sociaux ou selon elle, personne ne la verrait pour se préoccuper de sa poitrine. Excès de confiance, elle a confié ses complexes à un ami sur Facebook dans une discussion privée. Après quelques malentendus, il a balancé tout ceci sur les réseaux sociaux avec des mots pas du tout courtois. C’est ainsi que la mayonnaise a pris. En une semaine, plus de soixante mille personnes se sont connectées à son compte pour voir la fille qui n’aurait pas de sein, avec des commentaires très peu orthodoxes. « Je m’automutilais, mais ce n’étais plus suffisant, je voulais disparaitre. Le cyberharcèlement m’a poussée au suicide », se rappelle Majoie HOUNDJI.

 

le cyberharcèlement est puni par la loi n° 2017-20 du 20 avril 2018 portant code du numérique en République du Bénin.

Nonobstant tout cela, la jeune Béninoise a survécu. Le déclic qui a suscité ce combat est venu de son père qui a prononcé cette phrase : « Vous les femmes, vous n’êtes pas fières de vous. Ma fille, si tu n’es pas fière de toi, personne ne va l’être à ta place. Tu as quelque chose que les gens recherchent, mais toi, tu penses tout le contraire. Tu dois être fière de toi Majoie tu es une belle femme. » Après ce discours, la désormais influenceuse et icône de lutte contre le cyberharcèlement en Afrique de l’Ouest, s’est tenue nue devant le miroir pour se répéter cette phrase de son père. Une décision est née : être le porte-flambeau d’une lutte. Celle de sensibiliser toutes les personnes qui, comme elles, vivent la même situation.

Pour le psychologue Clinicien Bernard COMLAN, le soutien social dans ces cas est capital. La responsabilité parentale est engagée. Les parents doivent inculquer aux enfants l’estime de soi et la notion de la résilience dans toutes les situations aussi difficiles qu’elles puissent paraitre.

La bonne nouvelle, c’est que le cyberharcèlement est puni par la loi n° 2017-20 du 20 avril 2018 portant code du numérique en République du Bénin. Plus précisément, explique le juriste Fabroni Bill YOCLOUNON, c’est l’article 550 de ce code qui classe le cyberharcèlement dans les contenus abusifs et les infractions de presse en ligne. Cette infraction est passible d’une peine allant d’un mois à deux ans d’emprisonnement et d’une amende de 500 milles FCFA à dix millions de FCFA. Si les faits sont commis au préjudice d’une personne en situation de vulnérabilité, à l’exemple d’une femme enceinte, d’un mineur, d’une personne handicapée, etc. les peines sont doublées.

Il invite de ce fait toute personne qui se retrouverait dans l’un ou l’autre de ces cas à la dénonciation afin que la loi soit dite pour décourager les personnes malintentionnées qui s’y adonnent.

 

Jessica Gauthe

 

 

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